À Soulac-sur-Mer, la plus spectaculaire étape du gigantesque chantier de réensablement est désormais terminée. Dans la nuit de vendredi à samedi, la Communauté de communes (CDC) Médoc Atlantique a atteint l’objectif fixé qui était de déposer 200 000 mètres cubes de sable sur le littoral sud de la station, entre la plage sud et le secteur de l’Amélie. Au total, l’opération a permis de renforcer environ un kilomètre de côte particulièrement vulnérable.
Des opérations maritimes réussies
Les deux dragues danoises de l’entreprise Rohde Nielsen ont quitté le site, après trois semaines d’opérations en mer. Pour Vincent Mazeiraud, ingénieur de la CDC en charge de ce programme, le premier bilan est positif. « On a levé les verrous techniques que l’on souhaitait tester. Le sable pris au large de l’estuaire est de bonne qualité, les opérations se sont déroulées dans le planning prévu et les conditions locales permettent bien de faire ce type d’intervention », résume-t-il. Malgré deux coups de mer, avec des vagues de plus de trois mètres les week-ends des 11-12 et 18-19 avril, le calendrier a été tenu.
Le chantier n’est pas fini
Sur la plage, les dernières canalisations sont en cours de retrait. La conduite immergée sera sortie de l’eau samedi. Elle sera ensuite découpée sur place par les équipes portugaises qui l’avaient assemblée en mars. Les tuyaux seront évacués et réutilisés ailleurs. « D’ici à la fin de semaine prochaine, il ne devrait plus y avoir de matériel sur la plage », précise Vincent Mazeiraud.
En revanche, les engins vont rester à l’œuvre plusieurs semaines pour remodeler les apports. Le sable déposé forme encore, par endroits, des reliefs très marqués, notamment devant le camping des Sables d’Argent. Il faut désormais adoucir les pentes, retaluter certains secteurs, sécuriser les profils et donner à la dune une forme plus régulière. « On va fignoler », résume Frédéric Boudeau, directeur général des services de la CDC Médoc Atlantique. L’objectif est de terminer l’ensemble au plus tard le 31 mai.
Des finitions par camion
Cette phase de finition comprend aussi des compléments par camion. Environ 20 000 mètres cubes de sable doivent encore être apportés sur le secteur de la plage sud, au niveau des campings, une zone que la collectivité avait choisi de traiter plus prudemment lors du rechargement maritime en raison de sa fréquentation touristique. Un second apport d’environ 20 000 mètres cubes est prévu plus au sud, vers l’épi de l’Amélie, afin de traiter le dernier tronçon du linéaire, long d’environ 500 mètres, que la canalisation n’a pas pu atteindre. Ces finitions doivent se poursuivre jusqu’à la troisième semaine de mai.
Deux méthodes testées
L’opération a aussi permis de tester deux façons de déposer le sable. Au début, les équipes cherchaient surtout à le garder en haut de plage pour conforter la dune. Puis, à mi-chantier, elles ont modifié la méthode afin de laisser une partie du sable se redéposer sur l’estran, devant le cordon dunaire. « On aura deux secteurs traités différemment, ce qui va permettre de tirer des enseignements sur leur évolution », explique Vincent Mazeiraud.
Combien de temps le sable résistera-t-il ?
Reste désormais à savoir combien de temps ce stock de sable résistera aux prochains hivers. La collectivité espère gagner entre trois et cinq ans. « Moins de trois ans, ce serait un bilan moyen. Trois ans, ce serait intéressant. Cinq ans, ce serait parfait », estime Frédéric Boudeau. Pour l’heure, Médoc Atlantique retient surtout la faisabilité technique d’un chantier hors norme, capable de déposer deux fois plus de sable qu’un rechargement par camions, en beaucoup moins de temps et avec moins d’impact sur les routes.



