Les élections intercommunales en Sud-Gironde sous haute tension politique
Avec des équilibres politiques redessinés après les récentes élections municipales, les prochaines élections des communautés de communes sont particulièrement scrutées en Sud-Gironde. Urbanisme, gestion des inondations, développement économique et mobilités constituent les grands dossiers qui attendent les futurs élus. Mais avant de se pencher sur ces questions substantielles, c'est d'abord l'heure des élections qui sonne.
Si les Bazadais ont ouvert le bal en réunissant leur Conseil communautaire dès le mercredi 1er avril, les autres Communautés de communes du territoire s'apprêtent à élire – ou réélire – leur gouvernance dans les jours à venir. La question qui se pose est de savoir qui accompagnera Isabelle Dexpert, maire de Bazas et nouvelle présidente de la CdC du Bazadais, à la tête de cette intercommunalité pour la mandature qui commence.
Jérôme Guillem en position de force pour le Sud-Gironde
Déjà président de la Communauté de communes Sud-Gironde, le maire de Langon, candidat à sa succession, devrait bénéficier d'une situation plus favorable que lors du scrutin municipal. Il se présente en effet comme le seul candidat déclaré à ce jour. Le véritable suspense réside plutôt dans la composition du bureau et le casting des vice-présidents.
Parmi les noms qui circulent, celui d'Yves Madrènes, jeune retraité et ancien patron du Carrefour de Langon, pourrait être proposé. « Il va jouer un rôle important à la Communauté de communes », avait indiqué Jérôme Guillem pendant la campagne des municipales, expliquant compter sur son carnet d'adresses pour assurer le lien avec les acteurs économiques du territoire.
La composition du bureau pourrait également influer sur l'état d'esprit des maires des petites communes éloignées de la ville centre, qui dénoncent régulièrement un désintérêt pour leur sort dans cette CdC particulièrement étendue qui réunit 37 communes. « J'espère que les petites communes sauront se fédérer », plaide Vincent Dedieu, le maire d'Origne. L'élection est prévue le mardi 7 avril à partir de 18 heures au siège de la collectivité, à Mazères.
Francis Zaghet potentiellement défié dans le Réolais
Francis Zaghet ne s'en cachait déjà pas lors de la campagne des municipales : il est candidat à sa succession à la tête de la Communauté de communes du Réolais en Sud-Gironde. Avant le premier tour du 15 mars dernier, le maire de Pondaurat expliquait suivre de très près les candidatures dans les communes voisines, conscient que le renouvellement des équipes municipales pouvait rebattre les cartes.
Et pour cause, sur les 41 communes que compte l'intercommunalité, 19 ont aujourd'hui un nouveau maire. Un turnover important qui peut mécaniquement nourrir les ambitions avec un conseil communautaire renouvelé. Pas du côté de La Réole en tout cas – où le maire de la plus grande ville de la CdC, Bruno Marty, n'est toujours pas candidat – « mais il se peut que quelqu'un se présente en face de Francis Zaghet cette fois-ci », souffle un autre maire, qui prône un « besoin de changements », et de « nouveaux débats ».
Pour l'heure, aucun nom ne circule officiellement dans les couloirs, même si « quelqu'un est en train de constituer une équipe », avance un autre élu. « Une annonce pourrait intervenir dans la semaine ».
Au-delà de ces équilibres politiques, les futurs conseillers communautaires devront rapidement se pencher sur plusieurs dossiers majeurs, à commencer par la compétence Gemapi, remise au premier plan après les crues de février. La Communauté de communes du Réolais gère 28 kilomètres de digues, et les dégâts du dernier épisode sont conséquents : le coût des travaux est estimé à près d'un million d'euros, contre 750 000 euros lors de la précédente inondation – et dont l'emprunt n'est pas encore totalement remboursé. Le conseil se réunira le 16 avril.
Daniel Barbe confronté à la contestation sur la CFE
Lui non plus n'avait pas fait de mystères : malgré une importante levée de boucliers après la découverte tardive par les entrepreneurs du territoire de l'augmentation abrupte de la cotisation foncière des entreprises (CFE) qui a placé la Communauté des communes rurales de l'Entre-deux-Mers dans le collimateur d'une partie des habitants, Daniel Barbe, le président, veut rempiler à la tête de la collectivité.
En face, le retour raté de l'ancien maire de droite Yves d'Amécourt à Sauveterre-de-Guyenne, où il n'a obtenu que trois élus et un seul, lui-même, à la CdC, ne lui a pas coupé les ailes : il présentera sa candidature face au maire PS de Blasimon. Dans un courrier partagé le 3 avril aux délégués communautaires, celui qui a aussi été président de la CdC dit constater « une dérive préoccupante » des finances et du fonctionnement de la collectivité.
Arrivera-t-il à faire bouger les équilibres dans cette CdC qui a intégré 19 nouveaux maires (sur 49) à la faveur du dernier scrutin municipal ? Réponse le mardi 7 avril à partir de 18 heures à Blasimon.
Un fauteuil vacant à Convergence Garonne avec plusieurs prétendants
La rivalité rive gauche/rive droite est-elle enterrée ? « Il va falloir répartir nos compétences entre les différentes communes du territoire », appuie en tout cas la nouvelle maire de Cadillac, Corinne Laulan. Celle qui a pris la suite de Jocelyn Doré à la mairie prendra-t-elle aussi son fauteuil de président de la CdC ? « Si on a besoin de moi, je serai candidate », ironise l'élue, qui prévoit d'officialiser sa candidature dans la semaine, avant le conseil du 18 avril.
« Les dernières années, on a appris à mieux travailler ensemble… Mais il faut continuer de trouver les bonnes compétences pour chacun, partager ensemble nos ressources, nos besoins. Il y a encore des compromis à faire ».
De l'autre côté de la Garonne, à Podensac, Jean-Marc Depuydt est également candidat à la présidence. Tout comme les maires de Cérons et de Pujols-sur-Ciron, Jean-Patrick Soulé et Dominique Clavier.
Succession ouverte à la Communauté de communes de Montesquieu
Treize communes, des villes limitrophes de la Métropole bordelaise, des villages forestiers, des territoires viticoles… La Communauté de communes de Montesquieu compose avec des enjeux différents. Et elle s'apprête désormais à ouvrir une nouvelle page. Après vingt-quatre ans à sa tête, Bernard Fath a tiré sa révérence en début d'année dans un contexte marqué notamment par le dossier de la LGV.
« Mon positionnement est clair sur la LGV, j'y suis fermement opposée, comme la CdC s'est toujours positionnée contre », dit Nathalie Burtin-Dauzan, maire de Saint-Selve et candidate pressentie. Celle qui appelle à « mieux connaître les réalités des différentes communes », dit ne pas avoir connaissance pour le moment d'autres candidats au fauteuil de président.
« A priori elle est toute seule », avance aussi Dominique Claverie, le maire de Martillac. « C'est une CdC qui fonctionne très bien, il n'y a pas de raison que cela change les choses, estime le maire. Ça devrait continuer dans la même ligne ». Mais en tout cas avec un autre visage, réponse le 9 avril.



