La ministre Marie-Pierre Vedrenne mobilise Nîmes contre le protoxyde d'azote
En déplacement à Nîmes, la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, a rencontré les acteurs politiques, associatifs et les forces de l'ordre pour aborder le sujet du protoxyde d'azote. Elle a détaillé les mesures du gouvernement visant à lutter contre ce qu'elle qualifie de "fléau", soulignant l'urgence d'agir face à une problématique longtemps banalisée.
Une campagne de sensibilisation et un projet de loi ambitieux
Marie-Pierre Vedrenne a expliqué que depuis son arrivée au ministère en octobre dernier, elle a pris conscience de l'ampleur du problème. "On a longtemps banalisé le sujet du protoxyde d'azote", a-t-elle déclaré, évoquant son association à des contextes festifs. Pour y remédier, une campagne vidéo a été lancée sur les réseaux sociaux, visant à alerter sur les dangers, tels que des risques de paralysie ou de troubles cognitifs.
Le projet de loi "Ripost", présenté par le ministre Laurent Nunez, inclut un volet spécifique au protoxyde d'azote avec la création de trois délits :
- L'inhalation, punie d'un an d'emprisonnement.
- Le transport en cas de non-utilisation manifeste.
- La conduite sous influence, sanctionnée de 3 ans de prison et 9 000 euros d'amende.
Ce texte vise à combler des failles juridiques, le protoxyde d'azote étant autorisé pour des usages industriels ou médicaux, mais détourné à des fins récréatives.
Nîmes, un territoire précurseur dans la lutte
La ministre a salué les initiatives locales, notant que Nîmes a été l'une des premières villes en France à prendre des arrêtés municipaux sur cette question. Dans le Gard, un arrêté préfectoral encadre déjà le transport, et de nombreuses saisines ont été effectuées par les forces de sécurité. "Notre rôle, c'est d'encourager ces démarches dans l'attente du projet de loi", a-t-elle affirmé, insistant sur une volonté collective d'agir.
Lors de sa rencontre, des acteurs locaux ont discuté du spot de campagne, qualifié d'"électrochoc" par un référent des centres sociaux. La ministre a également évoqué le tragique accident d'Alès, où trois jeunes ont perdu la vie, soulignant que de tels drames doivent servir de prise de conscience.
Enjeux de santé et environnementaux
Au-delà de la sécurité, la santé publique est un défi majeur. Marie-Pierre Vedrenne a mis en garde contre des idées reçues, comme l'utilisation de vitamine B12 pour contrer les effets, propagées sur les réseaux sociaux. "Il faut casser ce discours-là", a-t-elle insisté, appelant à renforcer les parcours de soin avec des spécialistes des addictions.
Sur le plan environnemental, elle a pointé du doigt l'impact négatif du protoxyde d'azote sur la planète, le décrivant comme un "concentré d'anti-écologie". Ce message s'adresse particulièrement aux jeunes, souvent engagés sur ces questions.
Prochaines étapes et renforcement des moyens
Le projet de loi sera examiné au Sénat début mai, puis à l'Assemblée nationale, avec une volonté d'aller vite. Il prévoit aussi de renforcer les pouvoirs des préfets et des forces de sécurité pour lutter contre les trafics, notamment dans les épiceries où se multiplient les ventes illicites.
La détection reste complexe, avec des travaux en cours pour développer des outils efficaces, mais aucun éthylotest n'est encore disponible. L'objectif est d'assurer une mise en œuvre rapide une fois la loi promulguée.
En résumé, Marie-Pierre Vedrenne appelle à une mobilisation nationale, combinant prévention, répression et prise en charge sanitaire, pour endiguer ce fléau qui touche particulièrement la jeunesse.



