Les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP vont bientôt être équipés de pistolets à impulsions électriques (PIE), communément appelés Tasers. Cette expérimentation, prévue de longue date, a été officialisée par un arrêté publié dimanche 10 mai au Journal officiel. Elle concerne environ 10 % des effectifs de la police ferroviaire, soit 300 à 400 agents sur les 4 000 que comptent les deux entreprises.
Où et quand l'expérimentation aura-t-elle lieu ?
L'expérimentation se déroulera dans plusieurs grandes gares ferroviaires : Lyon Part-Dieu, Marseille Saint-Charles, Paris Austerlitz, Paris Saint-Lazare et Rennes. Elle concernera également les lignes D et E du RER d'Île-de-France, ainsi que les quais et gares dédiés à ces lignes. Côté RATP, les agents du service de grande nuit de la gare de Lyon à Paris, ainsi que ceux des secteurs de Bobigny et Saint-Denis Pleyel, pourront participer.
Quelles sont les conditions d'utilisation ?
Les agents devront suivre une formation préalable d'au moins 18 heures, comprenant des enseignements théoriques et pratiques ainsi qu'un entraînement au tir. L'arrêté précise que l'usage de cette arme est interdit contre les enfants et les femmes manifestement enceintes, le conducteur de tout véhicule terrestre en mouvement, et comme arme de contact. Cette mesure vise à offrir un moyen de force intermédiaire entre les armes à feu et les bâtons de défense ou aérosols.
Pourquoi cette décision ?
Selon Nicolas Calonne, spécialiste de la sûreté chez UNSA-Ferroviaire, les syndicats et les agents demandaient depuis longtemps un tel outil pour éviter d'utiliser une arme à feu dans des situations tendues, réduisant ainsi les risques de panique et de dommages collatéraux. Bien que la délinquance dans les transports ait baissé de 2 % depuis 2016, les vols avec violence et les violences sexuelles ont augmenté respectivement de 2 % et 7 % en 2024.
Un cadre légal et un suivi strict
L'expérimentation, initialement prévue dans la loi du 28 avril 2025 relative à la sûreté dans les transports, avait été censurée par le Conseil constitutionnel pour vice de forme. Désormais, un rapport devra être remis sur les patrouilles, les interventions et les accidents. Cette mesure devrait permettre de mieux maîtriser les situations violentes dans les transports en commun.



