Rolex Monte-Carlo Masters : dans les coulisses d'un dispositif de sécurité ultra-perfectionné
Comme chaque année, le tournoi de tennis Rolex Monte-Carlo Masters attire des dizaines de milliers de spectateurs au Monte-Carlo Country Club. Derrière les échanges spectaculaires sur les courts, un dispositif de sécurité impressionnant et méticuleusement organisé veille en silence. La police nationale mentonnaise, renforcée par des effectifs azuréens, assure la protection des quelque 140 000 visiteurs attendus durant les neuf jours de compétition.
Une vigilance constante face à des menaces multiples
Dès les premières heures de la journée, une vingtaine de policiers nationaux de Menton prennent position autour du site. Trois agents armés sont postés à chaque entrée, tandis que d'autres se répartissent entre le poste de commandement sécurité, une équipe spécialisée anti-drone et des agents en civil infiltrés parmi le public. Le commissaire de police de Menton, Yannick Dupin, coordonne l'ensemble des opérations depuis le PC sécurité.
"Notre première mission, c'est la prévention des vols, notamment des montres de luxe", explique le commissaire. "Le Masters brasse une clientèle VIP avec des comptes bancaires importants, ce qui attire les délinquants en masse." Les vendeurs à la sauvette qui contournent la billetterie officielle font également l'objet d'une surveillance particulière, avec plusieurs interpellations déjà effectuées depuis le début de l'événement.
La menace terroriste : une préoccupation majeure
Au-delà des délits du quotidien, la sécurisation anti-terroriste constitue l'autre grande priorité des forces de l'ordre. "La région a été martyrisée par les attentats à Nice. C'est un danger que l'on doit absolument prendre en compte", souligne Yannick Dupin. Des installations spécifiques ont été déployées aux différentes entrées pour empêcher toute intrusion de véhicules, tandis que la vigilance reste maximale tout au long du tournoi.
Les scénarios envisagés dépassent largement le cadre sécuritaire classique. "Avec ce type d'événement, il peut y avoir des mouvements sociaux. C'est déjà arrivé, comme lors de la venue du Pape", rappelle le commissaire. Des incidents sur le court sont également anticipés : "Il est déjà arrivé que des personnes entrent sur le court et s'accrochent au filet. En amont, on surveille les éventuelles remontées d'informations."
Deux zones distinctes, deux stratégies différentes
Le site est divisé en deux zones nécessitant des approches sécuritaires adaptées. La zone haute accueille principalement des spectateurs haut de gamme, potentiellement ciblés par des vols. La zone basse concentre le grand public, avec des risques liés aux mouvements de foule dus à la forte densité.
Pour canaliser les flux quotidiens de plus de 15 000 personnes dans un espace restreint, une trentaine de caméras supplémentaires ont été déployées. "Nous voyons tout, tout le temps", assure le commissaire. Des portiques de nouvelle génération capables d'absorber jusqu'à 4 000 passages par heure complètent le dispositif, offrant une fluidité essentielle à la sécurité.
La menace aérienne : la guerre des drones
Depuis deux ans, le dispositif de sécurité s'est étendu au ciel. Une équipe spécialisée de trois agents surveille en permanence les intrusions de drones au-dessus du Monte-Carlo Country Club, zone d'exclusion aérienne stricte. Munis de fusils spécialisés capables de couper la liaison entre le drone et son télépilote, ces officiers neutralisent toute intrusion.
"Toute intrusion est considérée comme malveillante", explique l'un de ces agents spécialisés. "Un drone, même petit, peut transporter quelque chose de dangereux. D'autant qu'aujourd'hui, il existe des systèmes de largage facilement accessibles dans le commerce." Les incidents sont fréquents : six intrusions ont été recensées en une seule journée, le lundi 6 avril.
Une fois un drone neutralisé, des binômes de motards sont envoyés pour interpeller le télépilote, localisé grâce aux signaux émis. Cette organisation aérienne complète un dispositif terrestre rodé par l'expérience mais constamment adapté. "On commence à préparer le dispositif un mois et demi à l'avance", confie le commissaire Dupin. "Avec l'expérience, on est rodés, mais on s'adapte à chaque édition... Et même chaque jour."
Derrière les spectacles sportifs, cette partition sécuritaire moins visible ne s'achève chaque soir qu'après le dernier échange, parfois au bout de la nuit, assurant la protection de tous dans un environnement à haut risque.



