Mineurs six fois plus victimes d'infractions que majeurs entre 2016 et 2025
Mineurs: six fois plus d'infractions subies que majeurs

Une étude révèle une vulnérabilité accrue des mineurs

Selon une analyse du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publiée ce lundi, les mineurs ont été six fois plus souvent victimes d'infractions que les majeurs entre 2016 et 2025. Ce constat alarmant met en lumière une fragilité particulière des jeunes face à la délinquance.

Des chiffres qui interpellent

L'étude, qui porte sur une période de dix ans, indique que le taux de victimisation des mineurs est de 12,5 pour 1 000 habitants, contre 2,1 pour les majeurs. Les infractions les plus fréquentes chez les mineurs sont les violences physiques (45 % des cas) et les vols (35 %). Les violences sexuelles représentent 10 % des infractions subies.

Les auteurs de l'étude soulignent que les mineurs sont particulièrement exposés dans certains contextes, comme le milieu scolaire ou les espaces publics. Les garçons sont plus souvent victimes de violences physiques, tandis que les filles sont davantage confrontées aux violences sexuelles.

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Une tendance qui s'aggrave

Entre 2016 et 2025, le nombre d'infractions enregistrées impliquant des victimes mineures a augmenté de 15 %, alors que celui des majeurs est resté stable. Cette hausse est particulièrement marquée pour les violences physiques (+20 %) et les vols avec violence (+18 %).

Les experts pointent du doigt plusieurs facteurs explicatifs : la précarité croissante dans certaines zones, l'augmentation de l'usage des réseaux sociaux comme vecteur de harcèlement, et une moindre capacité des mineurs à se protéger ou à signaler les faits.

Des disparités territoriales

L'étude révèle également des écarts importants selon les régions. Les mineurs vivant en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans les Hauts-de-France sont les plus exposés, avec des taux de victimisation deux fois supérieurs à la moyenne nationale. À l'inverse, les régions de l'Ouest (Bretagne, Pays de la Loire) présentent des taux plus bas.

Les communes rurales ne sont pas épargnées : si les infractions y sont moins fréquentes, la proportion de mineurs victimes y est comparable à celle des zones urbaines, indiquant une vulnérabilité similaire.

Des pistes d'action

Face à ces résultats, le gouvernement a annoncé le renforcement des dispositifs de prévention dans les établissements scolaires et la création de cellules d'écoute dédiées aux mineurs victimes. Des campagnes de sensibilisation sur les violences et le cyberharcèlement seront également déployées.

Les associations de protection de l'enfance saluent ces mesures mais réclament des moyens supplémentaires pour la prise en charge psychologique des victimes et la formation des professionnels (enseignants, policiers, juges) à la spécificité des infractions subies par les mineurs.

Cette étude du SSMSI, qui sera suivie d'un rapport annuel, devrait permettre d'affiner les politiques publiques de sécurité et de protection de l'enfance.

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