LFI demande une commission d'enquête sur les violences policières
LFI veut une commission sur les violences policières

Le député La France Insoumise (LFI) Thomas Portes a annoncé, jeudi 30 avril 2026, avoir demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les « crimes policiers ». Cette initiative fait suite au témoignage d’un jeune homme de 23 ans, qui dénonce des violences subies lors de son interpellation début avril dans le Pas-de-Calais.

Des violences dénoncées lors d’une interpellation

Lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, Thomas Portes a déclaré : « J’ai déposé auprès du groupe parlementaire LFI une commission d’enquête parlementaire sur les crimes policiers, parce qu’aujourd’hui, il y en a beaucoup trop. » Il a ajouté que « la France est un pays où les morts lors d’interventions policières, et pas simplement sur des tirs, explosent », réclamant une commission « indépendante » de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».

Le député s’exprimait aux côtés de la famille Seddaoui. Le fils, Zakariyya, accuse des policiers de l’avoir violemment étranglé lors d’une interpellation au domicile de sa mère le 4 avril, à Evin-Malmaison, près d’Hénin-Beaumont. « Il m’a étranglé devant mes frères, mes sœurs, mon père, ma mère », a-t-il raconté, précisant que sa famille avait filmé la scène. « Heureusement qu’il y a la vidéo, la parole, ça ne suffit plus », a souligné le jeune homme, qui espère voir interdire « cette technique d’interpellation ». Son père, Djelalli Seddaoui, a dénoncé « une violence brutale » et « une technique d’étranglement qui a failli lui coûter la vie ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des obstacles à la création de la commission

Cette commission a pour le moment peu de chance d’aboutir, le groupe Insoumis ayant déjà utilisé pour cette session parlementaire son droit de tirage, qui lui permet de lancer seul une telle commission. Pour contourner cette difficulté, Thomas Portes a indiqué : « On va aller chercher des signatures transpartisanes auprès des forces de gauche, je n’ai pas trop d’inquiétudes sur le fait d’en avoir. On va aussi aller démarcher des députés macronistes, Modem, LIOT et Horizons. »

Les suites judiciaires

Le jeune homme avait été hospitalisé avant d’être placé en garde à vue, puis « relâché sans aucune poursuite à l’issue », selon son avocat, Me Pierre Brunisso. Ce dernier a déposé plainte jeudi auprès de l’IGPN à Paris. Selon lui, le commissariat de Lille n’a pas voulu entendre son client et le parquet de Béthune a refusé de saisir l’IGPN. Le conseil a également saisi le Défenseur des droits le 16 avril « pour faire état de tous ces manquements ». Contacté, le parquet de Béthune n’était pas joignable dans l’immédiat.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale