La DNPJ prend la tête de la lutte contre le crime organisé, une priorité nationale absolue
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a officialisé jeudi à Marseille le rôle central de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) pour coordonner la lutte contre les réseaux criminels et le narcotrafic. Conformément au décret du 8 septembre 2025, en application de la loi de juin 2025 contre le narcotrafic, la DNPJ est désignée comme chef de file de cette bataille, érigée au rang de priorité interministérielle absolue.
Une nouvelle doctrine opérationnelle pour une coordination renforcée
Laurent Nuñez a détaillé à Marseille les contours de la circulaire envoyée le 25 mars à l'ensemble de ses services, accompagnée d'une doctrine de dix pages. Cette attribution du chef de file à la DNPJ vise à coordonner l'action menée par les policiers et les gendarmes à tous les niveaux : national, zonal et départemental. « Le but de ce chef de file est d'avoir une direction nationale de la police judiciaire qui impulse, qui coordonne, qui met en place une comitologie au sein de laquelle on va continuer à échanger des informations sur les réseaux, des filières, des modes d'action », a souligné le ministre, aux côtés du patron de la police judiciaire nationale, Christian Sainte.
Dans sa circulaire, Laurent Nuñez exprime sa conviction que cette nouvelle organisation « permettra d'enregistrer de nouveaux résultats décisifs ». La doctrine initiée par le ministre précise que la criminalité organisée, notamment structurée autour du narcotrafic, constitue une menace stratégique pour la sécurité nationale. Elle souligne que sa puissance financière, son internationalisation et ses velléités d'extension lui confèrent une capacité de déstabilisation des fonctions régaliennes.
Décloisonnement et amélioration des dispositifs de lutte
« On décloisonne, on fait en sorte que les services travaillent mieux ensemble », a commenté Laurent Nuñez. Il a rappelé les précédentes mesures, telles que la création de l'Ofast en 2020 et des cellules de renseignements opérationnels dans chaque département, ainsi que la loi narcotrafic. « Donc on continue d'améliorer nos dispositifs », a-t-il ajouté, notant que les chiffres en matière de lutte contre la délinquance sont en constante augmentation : plus 14% de mis en cause en 2025 et déjà plus 23% depuis le début de l'année.
Marseille, épicentre de la lutte contre le narcotrafic
Pour présenter son dispositif, le ministre de l'Intérieur a choisi Marseille, où est implantée la DZ Mafia, un groupe criminel puissant dominant le marché de la drogue dans le sud. Mi-mars, un coup de filet mené par quelque 900 gendarmes a permis les mises en examen de 26 personnes, dont deux rappeurs et un avocat. Les autorités évaluent le chiffre d'affaires du trafic de drogue en France à 7 milliards d'euros en 2025. En 2023, l'Ofast estimait que 240 000 personnes vivaient directement ou indirectement du trafic de stupéfiants en France, dont 21 000 à temps plein.
Cette réorganisation vise à renforcer l'efficacité des forces de l'ordre face à un fléau qui menace la sécurité et la stabilité du pays, en s'appuyant sur une coordination accrue et une doctrine opérationnelle claire.



