Interdiction du Comité du 9 mai : une décision de justice qui fait jurisprudence
Le tribunal administratif de Paris a validé, ce mercredi, l'arrêté préfectoral interdisant le rassemblement du Comité du 9 mai, prévu initialement place de la République. Cette décision marque un tournant dans la lutte contre les manifestations néofascistes en France, en créant un précédent juridique important.
Les motifs de l'interdiction
La préfecture de police avait justifié son arrêté par les risques de troubles à l'ordre public et par la nature du rassemblement, qualifié de « manifestation néofasciste ». Le Comité du 9 mai, qui se réunit chaque année pour commémorer la mort de militants d'extrême droite, avait déjà été interdit en 2024, mais cette nouvelle décision confirme la tendance.
Le juge des référés a estimé que les éléments présentés par la préfecture étaient suffisants pour justifier l'interdiction, notamment en raison de précédents incidents violents lors de rassemblements similaires. Il a également souligné que le Comité du 9 mai ne s'était pas conformé aux obligations déclaratives prévues par la loi.
Une jurisprudence en construction
Cette décision s'inscrit dans une série de jugements récents qui tendent à restreindre les manifestations d'extrême droite. En 2023, la Cour européenne des droits de l'homme avait déjà validé l'interdiction d'un rassemblement néofasciste en Italie, ouvrant la voie à une jurisprudence européenne.
Pour les associations antiracistes, cette décision est une victoire. « C'est un signal fort envoyé aux groupes néofascistes : leurs rassemblements ne seront plus tolérés sous couvert de liberté d'expression », a déclaré Me Sarah Dupont, avocate de la Ligue des droits de l'homme.
Les réactions politiques
À droite, certains élus dénoncent une atteinte à la liberté de réunion. « On ne peut pas interdire des manifestations sur la base de simples soupçons », a tweeté le député LR Pierre Martin. En revanche, la majorité présidentielle salue une décision « conforme à l'état de droit ».
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué que le gouvernement étudiait la possibilité de généraliser ce type d'interdictions pour les groupes se réclamant de l'idéologie fasciste. « Nous ne laisserons pas l'extrême droite violer l'ordre républicain », a-t-il affirmé.
Quelles conséquences pour l'avenir ?
Cette jurisprudence pourrait avoir des répercussions au-delà du seul Comité du 9 mai. D'autres rassemblements néofascistes, comme ceux prévus pour le 1er mai ou le 6 février, pourraient être interdits sur la base de ce précédent. Les associations appellent à une vigilance accrue et à une mobilisation citoyenne pour contrer la montée de l'extrême droite.
En attendant, le Comité du 9 mai a annoncé qu'il ferait appel de cette décision, tandis que ses militants appellent à des rassemblements sauvages. La préfecture de police a déjà prévenu qu'elle serait intransigeante.



