James Comey inculpé pour menace contre Donald Trump après un message Instagram
Comey inculpé pour menace contre Trump

Nouvel épisode dans la vendetta judiciaire de Donald Trump. Le département américain de la Justice a inculpé mardi 28 avril l'ancien directeur du FBI, James Comey, pour deux chefs d'accusation dont celui de "menace contre la vie et l'intégrité physique du président des Etats-Unis".

Ces accusations sont liées à un message publié par James Comey en mai 2025 sur le réseau social Instagram, alors qu'il passait des vacances en Caroline du Nord. Le message montrait une photo de coquillages disposés sur une plage et formant les nombres "86 47". Or le premier nombre est parfois utilisé aux Etats-Unis en argot pour exprimer le fait de "jeter quelqu'un dehors", "se débarrasser de quelqu'un", et par extension "tuer quelqu'un". Tandis que le 47 pourrait être considéré comme un code désignant Donald Trump, le 47e président américain.

La publication Instagram avait immédiatement provoqué de vives réactions. "L'ancien directeur déshonoré du FBI James Comey vient d’appeler à l’assassinat du président Trump", avait notamment accusé la ministre de la Sécurité intérieure de l'époque, Kristi Noem. Face à la controverse, James Comey avait effacé son message. "Je n'avais pas réalisé que certaines personnes associaient ces nombres à la violence. Cela ne m'était jamais venu à l'esprit mais comme je suis opposé à la violence sous toutes ses formes, j'ai retiré ce message", avait-il alors expliqué.

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Une inculpation dans un contexte de vengeance politique

Cette inculpation, qui intervient alors que James Comey est déjà visé par des accusations de fausses déclarations et entrave à une enquête du Congrès, démontre les efforts déployés par le président américain Donald Trump pour se venger de ceux ayant enquêté contre lui ou l'ayant critiqué. L'année dernière, le républicain avait nommément cité James Comey dans une publication sur les réseaux sociaux, appelant à des poursuites pénales contre ses opposants.

"Je suis toujours innocent. Je n'ai toujours pas peur", a commenté James Comey mardi dans une vidéo diffusée après son inculpation. "Ce n'est pas ainsi que le ministère de la Justice est censé fonctionner", a-t-il ajouté.

Le procureur général par intérim, Todd Blanche, s'est empressé de mettre en œuvre les demandes de Donald Trump concernant ses ennemis, après que sa prédécesseure, Pam Bondi, a été destituée en partie pour ne pas avoir agi assez rapidement à ce sujet. Mardi, Todd Blanche a décrit l'affaire comme une poursuite de routine pour menace contre un fonctionnaire, le type d'affaire que les procureurs fédéraux intentent fréquemment. "Bien que cette affaire soit unique et que cette mise en accusation retienne l'attention en raison du nom de l'accusé, les faits qui lui sont reprochés relèvent du type de comportement que nous ne tolérerons jamais, et sur lesquels nous mènerons toujours des enquêtes et engagerons régulièrement des poursuites", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.

Un limogeage en 2017 et des poursuites récurrentes

Donald Trump s'en prend depuis des années à James Comey, qu'il avait brutalement limogé lors de son premier mandat en 2017, pour son rôle dans la supervision d'une enquête du FBI sur d’éventuelles ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, au profit de l'ex-magnat de l'immobilier.

Le ministère de la Justice a intenté une action distincte contre James Comey en septembre dernier, l'accusant d'avoir menti lors d'une audition au Congrès sur le fait d'avoir autorisé son adjoint à être cité sous couvert d’anonymat dans les médias sur des enquêtes sensibles conduites par le FBI.

Un juge fédéral a rejeté l'affaire en novembre dernier après avoir constaté que la procureure ayant obtenu l'inculpation n'avait pas été nommée légalement. Le ministère de la Justice a fait appel de cette décision. La nouvelle inculpation le prouve une fois de plus : dans sa quête de vengeance, Donald Trump n'a pas dit son dernier mot.

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