Dans une carte blanche publiée le 4 juin 2026, Guillaume Duval, ex-rédacteur en chef d'« Alternatives économiques », s'oppose fermement au projet de la direction du Parti socialiste (PS) d'organiser deux primaires successives pour désigner un candidat à l'élection présidentielle de 2027. Selon lui, cette construction baroque risque d'aggraver les difficultés de la gauche écologique, sociale et démocratique à s'unir.
Un processus complexe et risqué
La direction du PS envisage de proposer une primaire interne au courant socialiste, élargie à Place publique et à la Convention, suivie d'une seconde primaire avec le reste de la gauche non mélenchoniste, notamment les Ecologistes. Cependant, Guillaume Duval estime que cette approche ne résoudra pas les problèmes d'unité et pourrait même les exacerber.
Les inconvénients des primaires
L'auteur souligne que les primaires tendent à accentuer les divergences plutôt qu'à construire le rassemblement. Elles mobilisent des militants dont les priorités sont souvent décalées par rapport à l'opinion publique, et les résultats sont rarement optimaux électoralement. Deux primaires successives ne feraient que redoubler ces inconvénients, sans compter la lourdeur et le coût de leur organisation.
La priorité au programme
Pour Guillaume Duval, le principal problème est que les primaires se substituent au travail essentiel sur la définition d'un projet commun. La gauche doit définir un programme ambitieux mais économe, répondant à la colère populaire tout en tenant compte de la situation budgétaire héritée du macronisme. Les débats de primaire favorisent la surenchère démagogique et ne permettent pas ce travail.
La nécessité d'une structuration politique
Au-delà de la présidentielle, la gauche est éclatée en de nombreuses petites structures. Pour peser face au Rassemblement national, elle doit se regrouper et se structurer. Les primaires sont d'une utilité limitée pour cela. L'enjeu principal est la constitution d'une structure confédérale et un accord pour les législatives.
Un scénario irréaliste
Enfin, l'auteur affirme que le processus de deux primaires successives n'est pas réaliste : si la première a lieu, la seconde n'aura jamais lieu, car le vainqueur trouvera un prétexte pour l'éviter. Ce projet reviendrait à acter la division de la gauche en deux blocs, renforçant Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, et affaiblissant la résistance commune face à l'extrême droite.
Guillaume Duval conclut en appelant à revenir à une approche plus solide : un programme commun, un accord pour les législatives, et ensuite seulement une candidature commune pour la présidentielle.



