Le festival de courts-métrages « Carpentras fait son cinéma » n'aura pas lieu en 2026. Ses organisateurs ont annoncé l'annulation de cette septième édition après la suppression de la subvention municipale par la nouvelle équipe RN à la tête de la ville, une décision que le maire justifie par des impératifs budgétaires.
Une décision justifiée par la rigueur budgétaire
Le festival, qui devait initialement se tenir du 28 avril au 2 mai avant d'être reporté, a définitivement annulé son édition 2026. Dans un communiqué publié ce vendredi 3 juillet, les organisateurs indiquent avoir « pris acte de la décision de la nouvelle municipalité de ne pas reconduire l'événement, en supprimant la subvention allouée par la ville depuis sept ans ».
Le maire Hervé de Lépinau a justifié cette suppression par un impératif de « rigueur budgétaire ». « On n'a plus les moyens à Carpentras, avec 86 millions de dettes laissées par le précédent exécutif de gauche, de financer ce type d'associations, je le regrette », a-t-il déclaré à l'AFP. Il a ajouté : « La ville n'a plus d'argent, on a dû hiérarchiser les subventions attribuées, on a privilégié les clubs de sport par rapport à ce type d'associations qui n'ont qu'un événement unique dans l'année. »
Un festival qui mettait en valeur la ville
Le festival « Carpentras fait son cinéma » accueillait chaque année des tournages pour réaliser des films de huit minutes mettant à l'honneur la ville. Dans son communiqué, l'association se targue d'avoir « permis à de nombreux habitants de découvrir les métiers du cinéma et de participer aux différents tournages ». Elle ajoute : « Les films qui mettent en valeur notre ville ont été diffusés dans des festivals dans le monde entier et ont remporté de nombreux prix. »
Le maire défend néanmoins l'engagement culturel de sa municipalité, pointant du doigt les cinq millions d'euros accordés à la Bibliothèque-musée l'Inguimbertine, qui accueille actuellement « une magnifique exposition d'Ernest Pignon-Ernest ».
Une controverse plus large sur la culture
Depuis les municipales de mars, plusieurs mairies RN ont suscité la polémique avec des pièces de théâtre déprogrammées ou des coupes budgétaires dans la culture, justifiées parfois par des besoins d'économies, des divergences idéologiques ou la promotion d'une culture « plus populaire ».
À Carpentras, une autre suppression de subvention a eu lieu début juin : le conseil municipal a voté la fin de la subvention annuelle accordée au Planning familial, association historique de défense du droit à la contraception, à l'avortement et à l'éducation à la sexualité. L'association dans le Vaucluse y voyait un « combat d'idées » avec des valeurs « fondamentalement opposées ». Le maire avait répondu en « assumant pleinement », accusant l'association de prendre « régulièrement et ouvertement position contre le Rassemblement National » et d'être devenue « un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d'une idéologie controversée qu'est le wokisme ».



