Édouard Philippe a déclaré ce jeudi sur France Inter qu'il resterait candidat à l'élection présidentielle, même s'il devait être mis en examen pendant la campagne électorale. « Aucune décision non définitive de justice ne m’empêchera d’être candidat », a-t-il affirmé.
Une enquête pour des soupçons de détournement de fonds
L’ancien Premier ministre fait l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêts et concussion au Havre. Cette affaire concerne un marché conclu entre la mairie et une association. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF).
Le parquet a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis une plainte avec constitution de partie civile a été déposée en juin 2025. Dans cette affaire « très technique », Édouard Philippe a assuré : « Je n’ai pas enfreint la loi, je suis innocent […] et je me tiendrai à la disposition de la justice pour répondre à toutes les questions. »
La campagne à son rythme
Critiqué par certains dans son camp pour sa discrétion en ce début de campagne, notamment comparé à Gabriel Attal au sein du bloc central, l’ancien Premier ministre a défendu sa stratégie : « La campagne va durer onze mois, elle va être longue, il y aura beaucoup de rebondissements. Je vais la faire pleinement et personne ne me dicte mon rythme, ni mes amis, ni mes adversaires. »
Interrogé sur les appels de Gérald Darmanin à « montrer son envie d’être président de la République », Édouard Philippe a répondu : « Je suis comme je suis, mais je suis extrêmement déterminé, j’aime les campagnes et j’ai envie de gagner cette élection présidentielle. »
Des référendums en cas d’élection
S’il est élu, il a confirmé qu’il proposerait dans la foulée des référendums sur une « règle d’or » budgétaire et sur les retraites. Il a justifié ces référendums pour permettre aux électeurs, notamment de gauche, qui voteraient pour lui en cas de second tour face à un candidat RN de ne pas « se sentir piégés » en leur laissant « la possibilité de s’exprimer sur un certain nombre de sujets ».



