Dans son livre Impressions et lignes claires paru en 2021, Édouard Philippe écrivait : « À l’Élysée, on rit moins. On se tient. On ne peut pas y faire ni y dire n’importe quoi. Les lieux ont une mémoire, et ils font partie de la fonction. » L’ancien Premier ministre, aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle, avait perdu six kilos lorsqu’il a été nommé à Matignon. « Si vous voulez maigrir, devenez Premier ministre », plaisantait-il alors.
L’écart de stress entre Matignon et l’Élysée
Mais demain, s’il est élu chef de l’État, combien de kilos en moins ? Il n’existe pas seulement un écart de niveau, de responsabilités et donc de stress entre les postes de numéro 1 et de numéro 2 de l’exécutif, il existe aussi une différence de temporalité : on se prépare longuement au premier, on est propulsé soudainement au second.
Jacques Chirac, alors en mauvaise posture sondagière face à un Édouard Balladur marchant sur l’eau, et conscient du travail sur soi qui s’imposait, avait résumé cela pendant sa longue campagne de 1994-1995 par une formule : « Dans ma tête, je suis déjà au lendemain du second tour. »
La préparation psychologique à la fonction suprême
Cette citation illustre la nécessité d’une préparation mentale intense pour assumer la présidence. Pour Édouard Philippe, l’enjeu est d’autant plus grand qu’il connaît déjà les arcanes du pouvoir. Selon un proche du candidat, « Édouard a toujours eu une capacité à se projeter. Il sait que le stress est multiplié par dix à l’Élysée. »
La question du poids est symbolique : elle renvoie à la charge physique et psychologique du pouvoir. Un ancien conseiller de l’Élysée confie : « Beaucoup de présidents ont perdu du poids pendant leur mandat. C’est le signe d’une pression constante. »
Un candidat qui se prépare depuis longtemps
Contrairement à sa nomination à Matignon, qui fut une surprise, la candidature d’Édouard Philippe est le fruit d’une longue maturation. Il a quitté Matignon en juillet 2020 et a depuis multiplié les déplacements et les prises de parole. Son entourage assure qu’il est « prêt physiquement et mentalement ».
Reste à savoir si cette préparation lui permettra d’éviter la perte de poids annoncée. « Le stress, ça se gère, mais ça ne s’élimine pas complètement », reconnaît un de ses amis. En attendant, les électeurs jugeront sur le fond, pas sur la balance.



