Un règne municipal sans partage depuis 1977
Jean-François Spinelli, 81 ans, vient d'être réélu maire de Castagniers pour un neuvième mandat consécutif. Le 15 mars 2026, il a remporté le premier tour des élections municipales avec 72,15 % des voix, face à Fabien Bénard qui dénonçait « une forme de paternalisme » et voulait « faire rentrer le village dans le XXIe siècle ». L'année prochaine, le doyen des maires des Alpes-Maritimes fêtera ses 50 ans de mandats à la tête de cette commune de 1 700 habitants.
L'attachement des anciens à « l'enfant du pays »
Sur la place Saint-Michel, Castagniers dévoile ses ruelles ensoleillées et ses senteurs florales. Germaine, Castagnérenque de plusieurs générations, jardine sur sa terrasse. « Je vote pour lui depuis 1977 », confie-t-elle. « Il est proche des gens, facilement accessible. Si je le rencontre dans un commerce, il lâche tout et vient me voir. » Elle reconnaît que « c'est vrai qu'il n'est plus tout jeune », mais souligne qu'« on n'a pas à se plaindre ici ».
Monique, habitante depuis 1966, abonde : « Si on a un beau village comme ça, c'est grâce au maire. Il a fait beaucoup pour Castagniers, c'est un enfant du pays. C'est un beau village, on n'a pas d'immeuble, on a une crèche, c'est bien préservé. »
Le soutien des résidents de longue date
George et Sylvia, un couple d'origine britannique installé depuis 55 ans, descendent de leur villa pour une partie de golf. George avait pourtant figuré sur une liste concurrente en 1977. « Mais depuis, nous votons pour Jean-François Spinelli sans hésitation. C'est un gars très bien », affirme-t-il.
Sylvia compare : « Vous comparez Castagniers à Aspremont, ça n'a rien à voir. À Aspremont, il y a un immeuble sur la place du village, c'est dommage. Ici, c'est préservé. » Le couple, anciens professeurs d'anglais à l'université, a même adopté la nationalité française.
La vision des plus jeunes et le « secret » de longévité
Plus bas dans le village, de jeunes Castagnérencs analysent la situation sous couvert d'anonymat. « Spinelli, c'est un très très bon maire », reconnaît l'un d'eux. « Mais tu ne peux pas rivaliser avec M. Spinelli, il a la moitié du village. C'est King Kong. »
Et d'expliquer : « En bas, la scierie, c'est M. Spinelli. Ça veut dire qu'il y a déjà 200 personnes de sa famille qui ont voté pour lui. C'est une très grande famille. » Germaine confirme : « En bas aux Moulins, c'est beaucoup de gens de sa famille, ils connaissaient son père, le grand-père qui était déjà adjoint au maire. »
Un modèle de préservation assumé
Les jeunes habitants défendent le modèle castagnérenc : « Nous, on a choisi Castagniers pour la qualité de vie. Il n'y a aucun immeuble, et on n'a pas quitté Nice pour retrouver cette population ici. Et ça, c'est très bien préservé par M. le maire. C'est un peu comme la Corse, on ne s'en cache pas ! »
Un autre précise : « Ici, on a beaucoup de terrains communaux, parce que le maire préfère les acheter pour éviter que des immeubles ne poussent. À Castagniers, on a la sécurité, les enfants jouent dehors sans souci, il n'y a pas de vols, tout le monde se connaît. »
Il évoque même un épisode révélateur : « À un moment, on a eu une famille "mixité", très cassos. Il y a eu beaucoup de soucis avec les enfants, et ben ils ne sont pas restés. Le maire a tapé du poing sur la table, et il a dit "si ça ne vous convient pas vous partez". Et ils ont dû partir. »
Le constat est unanime parmi ceux qui acceptent de s'exprimer : « On est bien ici, il fait bon vivre. » Même si certains reconnaissent que « des fois on se dit qu'il faudrait peut-être avancer avec son temps, faire un peu plus d'animations... Mais quand on voit ce qu'il se passe ailleurs... »
Proche d'Éric Ciotti, Jean-François Spinelli règne ainsi sur un village qui a accordé 67,29 % de ses suffrages à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2022. Son opposition dénonçait son « paternalisme », mais les électeurs ont une nouvelle fois choisi la continuité et la préservation de leur cadre de vie.



