Alors que le Rassemblement national est donné favori dans les sondages pour l'élection présidentielle de 2027, les partisans de l'union de la gauche estiment que seule une candidature unitaire peut permettre à la gauche de s'imposer. Ils se réunissent ce mardi 5 mai à La Bellevilloise, à Paris, pour promouvoir l'initiative « Front populaire 2027 ». Parmi les participants figurent la patronne des Écologistes Marine Tondelier, le socialiste Olivier Faure, les anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin, Benjamin Lucas de Génération.s, et Lucie Castets, ancienne candidate du Nouveau Front populaire pour Matignon.
Une candidature unitaire face aux divisions
Hasard du calendrier ou non, le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui est arrivé largement en tête à gauche aux deux dernières présidentielles et refuse catégoriquement l'idée d'une primaire, a officialisé dimanche sa quatrième candidature à l'Élysée. Avec un RN donné favori dans les sondages pour 2027 et une gauche qui, cumulée, n'a réuni qu'un petit tiers des voix aux européennes 2024 ou à la présidentielle 2022, les partisans de l'union pensent que seule une candidature unitaire peut permettre à la gauche de s'imposer.
François Ruffin, Marine Tondelier et Clémentine Autain se sont déjà déclarés candidats potentiels. Ruffin entend se présenter à la présidence même si la primaire n'aboutit pas, et Tondelier pourrait faire de même. Olivier Faure, quant à lui, ne s'est pas déclaré. Sans la participation du Parti socialiste, la primaire serait très mal engagée. La balle est donc dans le camp des socialistes.
Les socialistes divisés
Si le premier secrétaire Olivier Faure est favorable à une primaire, il ne dispose pas d'une majorité en interne pour impliquer son parti dans ce processus. Ses opposants, notamment le chef des députés Boris Vallaud, qui joue un rôle de faiseur de majorité en raison de sa troisième place au dernier congrès du PS, ne veulent pas en entendre parler. En réponse, un autre périmètre, plus social-démocrate que la primaire unitaire, s'est dessiné autour de Boris Vallaud, de l'ancien candidat écologiste Yannick Jadot, et surtout de l'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, possible candidat.
« Il ne va pas seulement falloir qu'on ait des meetings à la Bellevilloise pour nous réconcilier avec un certain nombre de territoires », a déclaré Yannick Jadot lundi soir lors d'un déplacement à l'usine ArcelorMittal de Dunkerque. « À la fin de l'été, on aura une désignation, une incarnation », a-t-il promis.
Les Insoumis confiants
Du côté des Insoumis, on regarde la volonté des unitaires de remettre la machine en marche sans trop d'inquiétude pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon. « À la Bellevilloise, il y aura les appels sonores à l'unité et les pensées inquiètes que chacun gardera pour soi : 'comment me sauver de ce bourbier ?' », interroge le député et cadre insoumis Paul Vannier.



