Un maire passionné au service de son village
Depuis 1995, Vincent Giobergia est le maire d'Ascros, un village perché dominant les vallées de l'Estéron et du Var. Avec un franc-parler assumé et un enthousiasme intact, il se livre sans détour sur ses trente années de mandat, ses projets et ses convictions. Accompagné d'une équipe entièrement renouvelée, il entend poursuivre la transformation de cette commune de 174 âmes.
L'école, son « dada »
Interrogé sur l'usure du pouvoir, Vincent Giobergia répond sans hésiter : « Absolument pas. Je fonctionne aux convictions et à la motivation. Si l'une des deux s'éteint, j'arrête. » Sa priorité absolue reste l'école, située juste sous la mairie. « J'ai toujours dit que si je perdais l'école, je rendais les clés. Je l'ai sauvée deux fois déjà. » Actuellement, l'école d'Ascros accueille douze élèves, et celle de La Penne dix, en Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI) avec le soutien du Département. La cantine, gérée par la Communauté de communes, livre des produits de qualité, souvent bio, même sous la neige.
Un tissu commercial dynamique
Avec 174 habitants, Ascros compte quatre points de restauration : un restaurant communal, une table d'hôtes sur réservation, un établissement saisonnier et un food-truck, sans oublier le point de vente à la ferme thérapeutique Isatis. « Je pense que c'est unique en France pour un village de cette taille », se félicite le maire. Côté commerces de proximité, l'épicerie a disparu, mais un point de dépannage vient d'ouvrir au restaurant communal. Un atelier de poterie a réalisé toute la signalétique de rue. « Ma règle d'or est simple : je fais travailler en priorité nos entreprises locales. Cette année, absolument toutes les entreprises de bâtiment du village ont travaillé, c'est une fierté. »
Santé et services
En l'absence de médecin au village, le bus santé connecté du Département permet des consultations en visio avec un médecin, assisté d'une infirmière et d'un chauffeur. « Cela fonctionne très bien depuis trois ans », assure Vincent Giobergia. Si certains anciens partent sur la côte pour se rapprocher d'un hôpital, cela libère des maisons pour accueillir de nouvelles familles, comme une famille de six enfants. « C'est l'oxygène du village. »
Financements et projets ambitieux
Le budget d'investissement de la commune tourne autour de 500 000 euros pour un budget global d'un million d'euros. « C'est beaucoup, et c'est sans doute pour cela que je suis réélu », commente le maire. Les impôts ont été augmentés par le préfet après une démission du conseil en 1999, mais depuis, Vincent Giobergia « bricole » pour préserver le pouvoir d'achat. Parmi les grands chantiers : le rachat de l'ancien Hôtel Musso pour 150 000 euros, qui accueillera la nouvelle mairie, des studios locatifs et une salle multifonction. L'actuelle mairie deviendra une salle polyvalente. Des rénovations d'appartements à Rourebel et la récupération des eaux pluviales sont également prévues.
Emploi local et sécurité
La commune emploie une secrétaire, du personnel pour l'agence postale, la régie de l'eau, un agent technique et un vacataire, ainsi qu'une bibliothécaire. Les finances publiques estiment que c'est trop, mais pour le maire, « c'est une fierté : c'est de l'emploi local et du service à la population ». En matière de sécurité, aucun policier municipal n'est jugé nécessaire.
L'affaire du corbeau
Il y a quinze ans, un corbeau a semé la zizanie à Ascros, avec 70 auditions sur 174 habitants. « On n'a jamais connu la fin de l'histoire. Les dégâts psychologiques ont été réels, mais aujourd'hui plus personne n'en parle. Je préfère regarder devant moi, avec ma nouvelle équipe, très motivée. »
Ses trois priorités
- Être toujours à l'écoute de la population, son fil conducteur.
- Mettre en route et canaliser les bonnes intentions et compétences de son conseil municipal largement renouvelé.
- Réaliser des projets réalistes et importants pour la commune.



