Donald Trump a annoncé mardi la nomination de Bill Pulte à la tête par intérim du renseignement national des États-Unis. Agé de 38 ans, cet héritier d'une famille ayant fait fortune dans l'immobilier est un proche du président et l'un des importants donateurs de sa campagne de réélection. Sa désignation intervient après la démission de Tulsi Gabbard, effective à compter du 30 juin.
Un intérim sous le signe de la continuité
Dans un message publié sur Truth, Donald Trump a précisé que Bill Pulte conserverait en parallèle ses fonctions de directeur de l'Agence fédérale de financement du logement (FHFA). Malgré son absence d'expérience dans le domaine de la sécurité nationale, le président a salué sa « profonde expérience dans la gestion de sujets sensibles aux États-Unis ». Le nouveau responsable assurera l'intérim jusqu'à la nomination officielle d'un titulaire permanent.
Un bilan controversé à la FHFA
À la tête de la FHFA, Bill Pulte s'est illustré par son implication dans plusieurs procédures visant des adversaires politiques de Donald Trump. Il a notamment accusé de fraude immobilière plusieurs personnalités démocrates, parmi lesquelles la procureure générale de l'État de New York Letitia James et le sénateur californien Adam Schiff. Il est également associé à la tentative menée par Donald Trump pour obtenir la révocation de la gouverneure de la Réserve fédérale Lisa Cook, accusée de fraude dans le cadre d'un prêt immobilier personnel, ce qu'elle dément.
La colère des démocrates
Cette nomination a immédiatement provoqué la colère des démocrates. La sénatrice Elizabeth Warren a dénoncé le choix du président en affirmant que « le président Trump récompense son larbin en l'installant au sommet de la communauté du renseignement de notre pays », avant d'ajouter ironiquement : « Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ? ». De son côté, le sénateur Mark Warner, vice-président de la commission du renseignement du Sénat, a estimé que « le président avait choisi un responsable qui a prouvé non seulement sa volonté mais aussi son empressement à utiliser l'autorité du gouvernement pour mener des représailles politiques ».
Un poste stratégique
Les critiques s'expliquent notamment par le rôle stratégique du directeur du renseignement national. Ce poste est chargé de coordonner les différentes agences américaines de renseignement, dont la CIA et la NSA, de mettre en œuvre la politique de la Maison-Blanche dans ce domaine et de conseiller quotidiennement le président sur les questions liées au renseignement. Les opposants de Donald Trump craignent désormais que les enquêtes visant ses adversaires politiques s'intensifient sous couvert d'enjeux de sécurité nationale.
Des critiques jusque dans le camp républicain
Figure parfois controversée jusque dans le camp républicain, Bill Pulte s'est également attiré des inimitiés au sein de l'entourage présidentiel. Le Wall Street Journal et Politico ont rapporté que le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait menacé de le frapper lors d'un dîner privé en 2025. Par ailleurs, sa proposition de créer des prêts immobiliers sur 50 ans pour faciliter l'accès à la propriété a reçu un accueil réservé, y compris parmi les soutiens de Donald Trump, alors que le marché immobilier reste marqué par des prix et des taux d'intérêt élevés.



