Pertes de mémoire
On a vu quelques agriculteurs de la Coordination rurale s’agiter sur les réseaux sociaux, concernant la rave party dans le Cher. « Les forces de l’ordre laissent faire », écrivent-ils, indignés, jugeant Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, incompétent. Les agriculteurs estiment avoir subi un tout autre traitement en Ariège (lors d’une mobilisation contre l’abattage d’un troupeau), lors de la montée en tracteurs vers Paris en 2024, et lors de tant de manifestations. Ont-ils oublié l’inaction des autorités lors de la construction du lac de Caussade durant de longs mois ? L’occupation de l’échangeur autoroutier d’Agen durant quinze jours en janvier 2024 ? Le déversement de fumier, lisier devant tant de bâtiments administratifs ? Là aussi, l’État a laissé faire…
Indigestion au menu
La gestion des cafés-restaurants de Fumel n’est pas un long fleuve tranquille. Après la fermeture annoncée du Momento Café, établissement dont est propriétaire le maire Jean-Louis Costes, en raison notamment de nuisances sonores dont se plaint… sa directrice de cabinet, qui loge au-dessus, au tour du P’tit Fumélois d’être mis en lumière. L’établissement qui vient d’ouvrir fait l’objet d’un très long post sur la page Facebook de Fumel. Le texte fait « suite à la mise en cause de la Ville de Fumel et de l’équipe municipale sur les réseaux sociaux, concernant la soirée d’ouverture du restaurant », durant laquelle l’attente pour être servi était très longue et les comportements des différents clients scrutés. Une soirée visiblement dure à avaler pour tout le monde.
Diagnostic
Dans sa dernière livraison sur sa défaite aux municipales d’Agen, Jean Dionis donne trois explications : la qualité du vainqueur, le niveau du RN et le dégagisme. Une dernière raison que l’ancien maire conteste au passage : « Vous préférez être soigné par un médecin qui a 18 ans d’expérience ou par un médecin junior, à peine installé ? » On avait pourtant cru que ceux-là étaient dans la solution aux problèmes de démographie médicale dans le département et sur l’Agglo d’Agen. Il va falloir maintenant en convaincre de venir.
Confiance
Grand perdant des élections livradaises, ex æquo avec Jean-Paul Péreuil, qui était le seul des cinq candidats représentant la gauche, Jacques Borderie était absent du dernier conseil communautaire. Le conseiller départemental siège toujours, en simple conseiller. Ex-premier vice-président, il a vu la place revenir au maire André Forget, son ancien camarade contre qui il s’était présenté en mars. Ce dernier, on l’imagine, n’a pas reçu une voix de sa part. Ni même sa procuration que le dissident devenu conseiller municipal d’opposition a préféré remettre au maire de Casseneuil, lequel a hérité de son prestigieux portefeuille au développement économique. Sait-on jamais.
La revanche
Ce jeudi 7 mai, on votait dans le Marmandais pour la présidence du PETR (Pôle d’équilibre territorial et rural), structure héritière du Pays qui n’a rien d’une coquille vide, puisque cet établissement public coordonne les actions urbanistiques des collectivités à son échelle et distribue les fonds européens. Dans le Marmandais, le PETR regroupe Val de Garonne, Pays de Lauzun, Pays de Duras et Coteaux et Landes de Gascogne. Son élection est souvent entendue à l’avance et échoit, comme c’était le cas avec Jacques Bilirit, au président de Val de Garonne. Sauf que cela ne s’est pas passé comme prévu jeudi. Joël Hocquelet, et c’est tout à son honneur, ne voulait pas cumuler un mandat supplémentaire, et a placé le maire de Virazeil, VP à Val de Garonne, Christophe Courrègelongue. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Ils sont quelques-uns à y avoir vu une distribution de postes entre camarades socialistes. Battu à la présidence de l’Agglo, l’habile maire de Saint-Barthélemy, Gaëtan Malange, également VP à VGA, y a vu une brèche. Résultat : il a été nettement élu (un peu plus de 30 voix sur la cinquantaine de votants). À ce qu’on sait, sa revanche a quelque peu climatisé l’ambiance…
Mauvais perdant
Stéphane Francis, élu de l’opposition à Marmande aux côtés de Valérie Pérali, a démissionné de ses fonctions du jour au lendemain. Motif invoqué : il n’aurait pas supporté que Joël Hocquelet, le maire socialiste de Marmande, soit élu président de l’Agglomération. Mauvais perdant, le démissionnaire avait pris position pour Gaëtan Malange (LR), comme 32 autres délégués communautaires qui, eux, n’ont heureusement pas rendu leur tablier. En vrai, peut-être que Stéphane Francis ne supportait tout simplement pas l’idée de repasser six ans sur les bancs de l’opposition.
Les absents ont toujours tort
Lors de la cérémonie d’hommage à Guillaume Garrido, le 28 avril, le seul élu présent devant la stèle était Yvon Ventadoux, maire de Pujols. Mais dans la foule, il y avait également Stéphane Boukhari, candidat aux dernières municipales, qui a pris la parole pour saluer la mémoire de cet ouvrier décédé sur le chantier de la RN 21. Ce dernier a été gratifié pour l’occasion du titre de représentant de la Ville de Villeneuve-sur-Lot, alors même qu’il ne siège pas au Conseil municipal. Une confusion sans nul doute due au fait qu’aucun élu de la bastide n’était présent ce jour-là.
Sauvée des eaux
Conseillère régionale, maire de Saint-Front, vice-présidente de Fumel Vallée du Lot, Marie Costes a de l’appétit. Récemment, elle a voulu placer un de ses adjoints au syndicat des eaux de la vallée de la Lémance. Mais le maire de Cuzorn, Didier Cayssillé, lui a coupé l’herbe sous le pied. Cette audace a valu à l’intéressé une mise au point de la conseillère régionale. Animée de la même audace, elle a par la suite demandé au premier édile de Cuzorn de voter pour elle dans le cadre des élections du comité syndical d’Eau 47, dont elle est aujourd’hui vice-présidente. Un joli coup !
Chaise vide
Si les TGV s’arrêtent un jour en gare de Brax, ce ne sera pas sous la pression du Conseil départemental de Lot-et-Garonne. La collectivité, qui a refusé de contribuer au financement de la ligne Bordeaux-Toulouse, n’était pas à la Ville rose pour la signature du protocole entre l’État et les collectivités, rendant « irréversible » l’aboutissement du chantier. Olivier Grima, président de l’Agglo d’Agen, y était seul. L’élu de Castelculier, qui a battu le maire d’Agen, candidat du Conseil départemental, à la présidence de l’Agglo, est fixé sur les intentions du Département à son endroit. Il sera seul à prendre ce train-là.



