Paul Alliès, ancien étudiant à la faculté de droit de Montpellier et militant de la Ligue communiste révolutionnaire, se souvient de Mai 68 comme d'un "grand moment de bonheur". Agé de 22 ans à l'époque, il était également membre de la Jeunesse étudiante chrétienne, dont il avait été exclu en 1966 pour ses positions contestataires.
Une réconciliation sociale et culturelle
Pour Alliès, Mai 68 a été un moment de réconciliation entre différentes pratiques sociales, politiques et culturelles. À Montpellier, la ville était alors marquée par un conservatisme profond, avec une municipalité Delmas qu'il qualifie de "vétuste". Il souligne le paradoxe d'un mouvement calé sur l'agenda parisien mais qui a permis l'émergence d'un régionalisme occitan, porté par des viticulteurs et des occitanistes.
La critique du macronisme
L'ancien secrétaire national du PS établit un parallèle entre les critiques de Mai 68 et celles adressées aujourd'hui au macronisme. Il dénonce une verticalité du pouvoir et un avant-projet de loi qui aggrave les pouvoirs du président sur le Parlement, allant plus loin que ce qu'avait tenté Sarkozy. Il s'interroge : "Est-ce qu'il y aura convergence des luttes ?"
De l'étudiant contestataire au doyen
Ironie de l'histoire, Alliès, qui était étudiant contestataire à la fac de droit en 1968, en est devenu le doyen en 1995, élu de justesse. Il a conservé intactes les valeurs de sa jeunesse, loin du "salmigondis néolibéral" qu'il reproche au PS.
Un sentiment d'échec
Malgré son parcours, Alliès exprime un sentiment d'échec face à l'absence d'expression de professeurs de gauche à la faculté de droit de Montpellier. Il déplore n'avoir "rien construit de durable" et s'indigne de voir des professeurs d'histoire du droit fiers de leurs actions passées.
Paul Alliès participera à une table ronde sur le thème "Mai 68 : qu'en reste-t-il ?" le mardi 22 mai à Montpellier, à Pierresvives, à 18 heures.



