En affirmant qu'il était "hostile à l'immigration pour le travail", François Ruffin s'est attiré les foudres du reste de la gauche. L'ancien insoumis a ainsi, le temps d'une séquence, incarné un écueil à bâbord : l'impossibilité de parler sereinement d'immigration. Le candidat à l'élection présidentielle n'est pas le premier : par le passé, ceux qui s'y sont essayés en des termes restrictifs se sont brûlé les ailes.
Un débat récurrent mais conflictuel
"C’est une question très présente depuis longtemps, mais assez peu travaillée en profondeur, justement parce qu’elle demeure très conflictuelle", indique Pierre-Nicolas Baudot, maître de conférences en sciences politiques à l'université de Rouen-Normandie. Selon lui, les propos de Ruffin ne brisent pas un tabou au sens strict, mais renvoient à des débats récurrents à gauche.
Les précédents qui ont échoué
Par le passé, plusieurs figures de gauche ont tenté d'aborder l'immigration avec un discours restrictif. Tous ont rencontré des difficultés. Ce sujet demeure un point de friction majeur, rendant difficile toute discussion sereine au sein de la gauche française.
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L'Express : François Ruffin a-t-il brisé un tabou à gauche en se déclarant "hostile à l’immigration pour le travail"?
Pierre-Nicolas Baudot : Je ne dirais pas que c’est un tabou au sens strict. Ses propos renvoient à des débats récurrents à gauche. Paradoxalement, c’est une question très présente depuis longtemps, mais assez peu travaillée en profondeur, justement parce qu’elle demeure très conflictuelle.



