Les conseils municipaux sont le cadre de joutes à fleurets mouchetés entre la majorité menée par Christophe Sueur et les deux oppositions : l’une historique avec Philippe Raynal et l’autre, issue d’une alliance UDR-RN, menée par Bernard Niclot.
Le public, encore assez nombreux ce mardi 28 avril, n’aura pas eu à attendre : avec un ordre du jour axé sur les votes du budget primitif et des taux d’imposition locale, le ton est tout de suite monté entre le maire Christophe Sueur et Bernard Niclot. Ce dernier a estimé trop courts les délais d’envoi des documents aux élus avant conseil, puis a dénoncé des « nombreuses corrections manuelles laissant planer un doute sur la sincérité des chiffres ». D’où une réaction très abrupte de l’édile, accusant Bernard Niclot « d’attaquer systématiquement l’action de son équipe et le travail de ses agents ».
L’opposant RN a assuré « ne pas mettre en doute l’honnêteté de ceux-ci, mais s’étonner du caractère brouillon du document, lequel doit être transmis à la préfecture ». Christophe Sueur a alors attaqué son opposant sur son activité sur les réseaux sociaux, lui reprochant de créer « un climat de suspicion et de ne pas prendre en compte les tentatives d’explication qui pouvaient lui être fournies ». Très remonté, il a assené « que la dénonciation est un droit et un devoir dans la mesure où elle est justifiée, mais lorsqu’elle est fondée sur des fausses vérités, elle devient diffamatoire », concluant sur ces mots : « Vous n’êtes plus en campagne électorale. »
De son côté, Bernard Niclot a dénoncé les attaques à son encontre qu’il a dit subir depuis le premier conseil. « Je pose simplement des questions, mais ne reçois que des réponses très partielles, voire pas de réponses sur le fond », estimant qu’il est de sa responsabilité d’élu « de chercher à s’informer sur les sujets que lui et son équipe sont censés voter ».
« Pas de démocratie ici »
Le maire lui ayant coupé le micro pour mettre fin aux débats, Bernard Niclot a préféré quitter la salle, tout en demandant que l’incident soit mentionné dans le procès-verbal. Par téléphone, il justifie son départ : « Il n’y a pas de démocratie ici, on ne peut pas s’exprimer ni demander des explications qui dérangent, alors qu’il s’agit là des finances de la commune ». Il a été suivi par Anne Elizabeth Arend, tandis que deux de ses colistiers sont restés mais se sont abstenus au moment des votes.
De son côté, l’opposition portée par Philippe Raynal a souhaité revenir sur un projet concernant une opération immobilière à l’angle de la place Gambetta et de la rue du Colonel-Durand. « Face à la bétonnisation intense du centre-ville, dont le réseau pluvial est saturé lors des épisodes de fortes pluies, nous nous abstiendrons car nous aurions préféré la création à ce vaste emplacement d’un jardin public, plutôt qu’une nouvelle opération immobilière où seulement sept logements seront disponibles pour les demandeurs à faibles revenus ». Il a conclu en assurant qu’il souhaiterait « collaborer avec l’actuelle équipe pour le bien de la commune » mais aimerait lui aussi « recevoir une écoute plutôt que des remarques cinglantes, et pouvoir prendre une part plus active aux décisions ».



