Montpellier : budget 2026 voté avec baisse des investissements et hausse d'impôts
Budget 2026 de Montpellier : investissements en baisse, impôts en hausse

Le budget 2026 de la Métropole de Montpellier, en retrait par rapport à l'an dernier, est marqué par une baisse des investissements et la hausse de la fiscalité sur les ménages. Un choix contesté par certains maires et élus de l'opposition.

Un budget en baisse

Le budget primitif de 1,72 milliard d'euros, adopté ce mardi par le conseil communautaire, est en retrait de cent millions par rapport à l'année précédente. Il se caractérise notamment par une diminution des dépenses d'investissement, passant de 455 millions à 371 millions d'euros. Cette baisse est due à la fin des travaux de la ligne 5 de tramway et à la volonté de l'exécutif métropolitain, conduit par Michaël Delafosse, de réduire les dépenses. Le vice-président chargé des finances, Renaud Calvat, a qualifié ce budget de "budget de transition entre les deux mandats", le second s'annonçant plus "sobre". Il a également annoncé que les investissements pour l'année prochaine seraient autour de 200 millions d'euros.

Mobilités : principal poste de dépenses

Les mobilités restent le principal poste de dépenses avec 350 millions d'euros alloués, dont 64 millions pour l'achat de nouveaux trams (50 millions), de bus (6 millions) et de bustrams (8 millions). Une enveloppe spécifique de 20 millions est dédiée à la sécurisation des réseaux. Parallèlement, 140 millions sont fléchés sur l'amélioration de la voirie et de l'espace public, dont 26 millions pour les projets communaux.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Gestion des déchets et social

La politique de gestion des déchets, financée par la taxe d'enlèvement des ordures ménagères qui reste stable, représente une dépense de 128 millions d'euros, dont 7 millions en investissement et 12 millions pour le transfert des déchets résiduels vers les incinérateurs de Lunel-Viel et de Sète. En matière sociale, la Métropole prévoit un budget total de 90 millions, dont 34 millions pour les aides à la pierre en direction des petits propriétaires privés (avec le soutien de l'Anah à hauteur de 28 millions) et 17 millions pour les opérations de rénovations urbaines en cours à La Mosson et aux Cévennes.

Sport, culture et attractivité économique

Les budgets alloués aux sports (41 millions) et à la culture (76 millions) sont globalement stables par rapport à l'an dernier. La collectivité prévoit également un budget de 44 millions pour soutenir l'attractivité économique de son territoire, dont 5 millions d'investissement pour l'aménagement de zones d'activités et le soutien aux incubateurs. Le maire de Jacou a souligné que "le taux national de survie des entreprises innovantes après cinq ans est de 61 %, mais il atteint 82 % à Montpellier", reliant ces données à la qualité de l'accompagnement local.

Masse salariale et endettement

La Métropole table sur une masse salariale "maîtrisée" à 173 millions d'euros, en hausse de 3,4 % en raison de l'augmentation de la cotisation pour la caisse de retraite des fonctionnaires des collectivités locales. L'endettement, avec un encours de 1,37 milliard en début d'année, n'a pas fait l'objet de discussions, mais son annuité s'élève à 130 millions en 2026.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Hausse de la taxe foncière : un choix contesté

Le débat a principalement porté sur la hausse de la taxe foncière sur le bâti, qui passe de 0,167 % à 5,8 %, soit un coefficient multiplicateur de 34, pour un produit attendu de 45 millions d'euros, dont 44 millions de recettes supplémentaires nécessaires à l'équilibre. Antoine Bertrand, élu LFI de Montpellier, a dénoncé "une forme de déni de démocratie", estimant que cette décision aurait dû être annoncée pendant la campagne électorale. En réponse, Julie Frêche a défendu un "choix assumé", arguant que "la dotation globale de fonctionnement de la Métropole est inférieure de 30 % à celle des autres métropoles". Serge Guiseppin, désormais dans la majorité, a ajouté que "l'objectif est simple : ne pas fragiliser l'institution". Salim Jawhari, ancien colistier de Delafosse, a critiqué la hausse d'impôt : "C'est un mauvais signal envoyé aux ménages et aux entreprises. Ce que vous donnez d'une main avec la gratuité, vous le reprenez d'une autre." Michaël Delafosse a répliqué : "Nous voulons maintenir l'offre des services publics. Sinon, lequel nous fermons ?" Il a précisé que la hausse représente "7 à 8 euros par mois pour un propriétaire d'un 65 m² à Montpellier". Le budget a été adopté par 87 voix pour (dont l'unanimité des maires), 13 contre et 2 abstentions.