Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, enflamme la polémique
Bally Bagayoko : le maire LFI qui défie la République

Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis sous l'étiquette La France Insoumise, connaît une ascension médiatique fulgurante depuis son élection il y a moins de deux mois. Sa notoriété s'est en partie construite malgré lui, après avoir été la cible de propos racistes sur une chaîne de télévision. Mais il en a aussi été l'artisan zélé.

Des propos sectaires dès son installation

Il a d'abord surpris favorablement en refusant d'utiliser les éléments de langage victimaires de la créolisation mélenchonienne, notamment le terme « racisé ». Cependant, l'illusion s'est vite dissipée. À peine installé, l'édile a tenu des propos sectaires et illégaux concernant le personnel municipal, exigeant une allégeance politique. Lors d'un discours devant l'hôtel de ville, il a déclaré : « Il ne sera pas possible de pouvoir rester, par exemple, dans un service de tranquillité publique en ayant l'ambition de porter une option politique qui a été battue dans les urnes. »

Ces déclarations lui ont valu, le 26 mars, une réponse cinglante du ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel : « Aucune autorité municipale ne peut légalement laisser entendre que la situation d'agents communaux, leur affectation ou leur maintien en fonctions pourraient dépendre de leur adhésion, réelle ou supposée, aux orientations politiques de l'exécutif municipal. »

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Un nouveau tour de manège médiatique

Un mois plus tard, c'est le préfet de Seine-Saint-Denis qui lui a adressé un courrier. En cause : le maire s'est vanté sur LCI d'avoir décroché le portrait d'Emmanuel Macron de son bureau, de l'avoir « mis dans un coin, retourné », et de vouloir le laisser ainsi « tant que la République n'est pas en mesure de corriger les inégalités ». Le préfet a rappelé que si l'accrochage du portrait présidentiel n'est pas obligatoire, il est un usage républicain. Bally Bagayoko a répliqué : « Le portrait restera décroché tant que l'État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain. »

Cette provocation, bien que non illégale, remet en cause la légitimité du chef de l'État élu démocratiquement. Le dictionnaire Le Robert définit l'hubris comme un « sentiment d'orgueil qui pousse l'être humain à la démesure et entraîne sa perte ». Nul ne sait si cette attitude nuira à Bally Bagayoko, mais ce qui est perdu, c'est le sens des valeurs républicaines.

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