Un référendum crucial pour l'avenir démographique de la Suisse
« Non à une Suisse à 10 millions d'habitants ». Cette année, les citoyens suisses seront appelés à se prononcer par référendum sur une initiative anti-immigration portée par l'Union démocratique du centre (UDC). Ce scrutin pourrait conduire le pays à instaurer un plafonnement strict de sa population, une mesure radicale qui divise la nation.
L'initiative de l'UDC : une réponse à l'immigration massive
Menée par ce parti de droite radicale, l'initiative baptisée « pour la durabilité » dénonce la forte croissance démographique récente et la libre circulation des personnes au sein de l'Union européenne. Selon l'UDC, cette politique engendre une « immigration massive en provenance de l'UE » et de « pays tiers », ainsi qu'une présence accrue de demandeurs d'asile.
Le parti s'appuie sur des données de l'observatoire de l'immigration et de la démographie, qui révèlent qu'en 2023, la Suisse comptait 2,2 millions de résidents permanents étrangers, soit 24,7 % de la population totale, dont 83 % originaires d'Europe.
Les arguments du parti : qualité de vie et saturation
« Quiconque avec un peu de bon sens se rend bien compte qu'il n'est pas possible d'accueillir chaque année 100.000 personnes supplémentaires en Suisse », affirme l'UDC sur son site internet. Thomas Matter, vice-président du parti, insiste : « Les Suisses ne veulent pas d'une Suisse à 10 millions d'habitants. Ils en ont assez ».
Le parti met en avant les conséquences négatives de ce qu'il qualifie d'« immigration excessive » : saturation des transports publics, embouteillages chroniques, flambée des prix des loyers, et détérioration générale de la qualité de vie des natifs.
Le mécanisme du plafonnement proposé
Le texte de l'UDC exige que le Conseil fédéral et le Parlement prennent des mesures immédiates dès que la population dépasse 9,5 millions d'habitants. Actuellement, le pays en compte un peu plus de 9 millions.
Une fois ce seuil franchi, les personnes admises à titre provisoire ne pourraient plus obtenir d'autorisation de séjour ou d'établissement, ni la nationalité suisse, ni même le droit de rester sur le territoire, selon les détails rapportés par le journal Le Temps.
L'opinion publique et les réticences gouvernementales
Si le gouvernement fédéral semble réticent face à des mesures aussi radicales, l'opinion publique pourrait les soutenir. Un sondage publié en décembre révèle que l'initiative de l'UDC recueille 48 % d'avis favorables, contre 41 % d'avis défavorables, indiquant un soutien significatif dans la population.
Les conséquences potentielles d'un plafonnement
Une étude de la Fédération des entreprises romandes Genève, publiée le 9 janvier, a analysé les impacts d'un plafonnement à 10 millions d'habitants. Ses conclusions mettent en lumière des effets négatifs sur plusieurs plans :
- Démographique : À partir de 2040, la population active reculerait de 1 à 1,4 % tous les cinq ans, accélérant le vieillissement de la société.
- Économique : Dégradation des équilibres macroéconomiques et budgétaires, avec des répercussions sur la croissance et les finances publiques.
- Environnemental : Les problématiques écologiques ne pourraient être résolues simplement en limitant la population, nécessitant des approches plus complexes.
Ce référendum s'annonce donc comme un moment décisif pour la Suisse, où les enjeux démographiques, économiques et sociaux se croisent dans un débat national intense.