Italie : un projet de loi pour interdire temporairement les arrivées de migrants par la mer
Le gouvernement italien de Giorgia Meloni a adopté, hier, un projet de loi qui pourrait permettre d'interdire provisoirement les arrivées de migrants par la mer en cas de menaces graves pesant sur l'ordre public ou la sécurité nationale. Cette interdiction, qui serait décrétée par le gouvernement sur avis du ministère de l'Intérieur, pourrait durer de trente jours à six mois, marquant une étape significative dans la politique migratoire du pays.
Des menaces graves justifiant l'interdiction
Parmi les situations considérées comme des « menaces graves », le texte cite notamment « une pression migratoire exceptionnelle susceptible de compromettre la sécurité de la gestion des frontières ». Il inclut également un « risque concret » d'actes terroristes ou d'infiltration en Italie, ainsi que des situations d'urgence sanitaire mondiale ou liées à des événements internationaux de haut niveau. Ces critères visent à encadrer strictement l'application de cette mesure exceptionnelle.
Relance d'une mesure controversée et externalisation
Si le Parlement l'entérine, ce projet de loi pourrait relancer une mesure phare très controversée portée par la Première ministre d'extrême droite, Giorgia Meloni. En effet, avec son homologue albanais Edi Rama, elle avait signé fin 2023 un accord pour mettre en place des centres gérés par l'Italie en Albanie, externalisant ainsi le traitement des demandeurs d'asile interceptés en mer. Le nouveau texte prévoit que les migrants présents à bord d'embarcations dans les eaux italiennes puissent être conduits vers des pays avec lesquels Rome aurait conclu un accord de détention ou de rapatriement.
Allongement des motifs d'expulsion et entraves aux ONG
Le projet de loi propose également d'allonger la liste des condamnations pouvant entraîner l'expulsion d'un étranger, renforçant ainsi les outils de contrôle migratoire. Parallèlement, le gouvernement Meloni a déjà signé des accords avec des pays d'Afrique du Nord pour limiter les départs, tout en restreignant les activités des organisations humanitaires qui envoient des bateaux de sauvetage en Méditerranée centrale. Ce nouveau texte risquerait d'entraver encore davantage le travail des ONG, même si, en réalité, la plupart des migrants concernés sont secourus par les garde-côtes ou la marine italienne.
Contexte migratoire actuel
Selon les chiffres officiels, près de 2.000 migrants sont parvenus en Italie par la mer depuis le début de l'année, contre 4.400 sur la même période l'an dernier. Cette baisse notable n'empêche pas le gouvernement de poursuivre sa politique de fermeté, avec ce projet de loi qui, s'il est adopté, pourrait marquer un tournant dans la gestion des flux migratoires en Méditerranée.