Zemmour esquisse les contours d'une primaire de la droite pour 2027
Le président de Reconquête, Éric Zemmour, a exprimé dimanche une ouverture inédite concernant l'organisation d'une primaire au sein de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2027. Lors d'un entretien sur BFMTV, le polémiste et ancien candidat a déclaré être désormais favorable à ce mode de désignation, un principe auquel il s'était longtemps opposé.
Un périmètre qui exclut clairement Gabriel Attal
Éric Zemmour a toutefois posé des conditions strictes quant aux participants potentiels. Il a explicitement exclu la participation du Premier ministre Gabriel Attal, justifiant cette position par le passé politique de ce dernier. « Il y a la primaire de ce qu'ils appellent eux-mêmes, la droite et le centre, qui va de Retailleau à Attal […] Ça, j'y participe pas. Je ne suis pas là-dedans », a-t-il affirmé, soulignant qu'Attal « était au Parti socialiste ».
En revanche, le leader de Reconquête a inclus l'ancien Premier ministre Édouard Philippe dans le périmètre qu'il imagine. « Je dirais que M. Philippe, c'est le fils spirituel d'Alain Juppé. Juppé était quand même secrétaire général du RPR. On peut dire que c'est le centre-droit », a-t-il analysé, légitimant ainsi sa présence dans une primaire clairement ancrée à droite.
Un changement de position justifié par le nouveau paysage politique
Éric Zemmour, qui avait obtenu 7 % des voix lors de la présidentielle de 2022, a expliqué son revirement. « Je reconnais que depuis quelques années, la dispersion des candidats et surtout la division du paysage politique en trois blocs a changé la donne », a-t-il déclaré. Cette fragmentation rendrait, selon lui, une primaire plus pertinente pour rassembler et désigner un candidat unique capable de porter les couleurs de la droite.
Le polémiste n'a pas caché ses ambitions personnelles, laissant entendre qu'il entendait bien être candidat l'an prochain. « J'ai tout mon temps pour déclarer ma candidature », a-t-il simplement précisé, sans donner de date.
Des obstacles anticipés du côté des Républicains
Malgré cette proposition, Éric Zemmour anticipe des résistances, notamment de la part de certaines figures des Républicains (LR). Il a cité le président du Sénat Gérard Larcher et le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, qu'il a qualifiés de « cavaliers de l'apocalypse » parce qu'ils « veulent absolument rester avec le centre ».
Selon lui, ces oppositions pourraient faire obstacle à la concrétisation d'une primaire unissant le centre-droit représenté par Édouard Philippe et la droite plus radicale incarnée par son parti, Reconquête. Cette initiative illustre les recompositions et les tensions qui traversent la droite française à l'approche du prochain scrutin présidentiel.



