Donald Trump, un boulet pour l'extrême droite française et européenne
Trump, un boulet pour l'extrême droite française

Donald Trump, un obstacle majeur pour l'extrême droite européenne

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump illustre avec une clarté troublante la fragilité des démocraties et des libertés individuelles. Son action rappelle avec force qu'il ne faut jamais jouer avec les allumettes de l'extrême droite, un avertissement particulièrement pertinent pour ceux qui seraient tentés par un trumpisme à la française.

L'enthousiasme initial et le retournement de situation

Au début de l'année 2025, le retour de Donald Trump avait été salué avec enthousiasme par le Rassemblement national et l'ensemble de l'extrême droite européenne. Jordan Bardella avait alors évoqué un vent de liberté soufflant sur les démocraties occidentales grâce au président américain. Pendant quelques mois, l'effet Trump semblait pouvoir booster les forces d'extrême droite en France et en Europe, offrant enfin un modèle de leadership masculiniste, xénophobe, anti-écologique et autoritaire à la tête d'une puissance mondiale.

Mais rapidement, la donne a changé. Avec l'imposition de droits de douane exorbitants sur les produits européens, la collusion avec Vladimir Poutine pour imposer une capitulation à l'Ukraine, et la menace d'envahir militairement le Groenland, territoire dépendant du Danemark, Donald Trump est devenu un véritable boulet pour l'extrême droite. Il n'est pas facile de se prétendre nationaliste et souverainiste tout en soutenant l'action d'un leader qui agresse régulièrement votre propre pays.

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La stratégie de distanciation du Rassemblement national

Face à cette situation délicate, l'extrême droite française tente aujourd'hui de se distancier autant que possible de Donald Trump. Jordan Bardella multiplie les discours au Parlement européen pour défendre la souveraineté européenne face aux États-Unis. Marine Le Pen est même allée jusqu'à condamner publiquement l'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela.

Le RN suit avec Donald Trump le même chemin qu'il avait emprunté avec Vladimir Poutine après l'invasion de l'Ukraine. Après avoir longtemps chanté ses louanges, accepté son argent et recherché sa proximité, le parti se défend aujourd'hui d'entretenir le moindre lien avec lui. Sur le plan géopolitique, le RN peut dans une certaine mesure limiter la casse en multipliant les déclarations à tonalité gaullienne et en évitant de s'afficher aux côtés des pontes trumpistes.

L'effet dévastateur sur la dédiabolisation

C'est cependant sur le plan intérieur que l'effet Trump est le plus négatif pour l'extrême droite française. Le président américain a ruiné tous les efforts de dédiabolisation réalisés depuis vingt-cinq ans par le RN. Il montre quotidiennement, de façon particulièrement crue, à quoi mène la victoire de l'extrême droite dans un pays doté d'un pouvoir exécutif fort.

Jour après jour, Donald Trump illustre à quel point la démocratie et les libertés sont fragiles. Avec les exactions de l'ICE, le détournement de la justice américaine, la mise au pas des médias et des réseaux sociaux, les poursuites contre ses adversaires politiques, il démontre combien les droits et libertés de chacun peuvent être remis en cause en l'espace de quelques mois.

Un rappel nécessaire pour la classe politique française

En France, on avait assisté ces dernières années à une acclimatation croissante à l'idée d'une victoire inéluctable de l'extrême droite. De plus en plus de patrons, de notables, de hauts fonctionnaires et de responsables politiques conservateurs avaient fini par croire à la fable de la dédiabolisation du RN. Le réflexe de front républicain face à l'extrême droite apparaissait comme une relique ringarde d'un passé révolu.

Donald Trump rappelle à ceux qui ont oublié les leçons durement apprises par nos voisins allemands et italiens au siècle dernier qu'il ne faut jamais jouer avec les allumettes de l'extrême droite. On s'y brûle toujours. Le président américain place aujourd'hui devant leurs responsabilités tous ces notables prêts à confier les clefs du pays au RN.

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Veulent-ils vraiment mettre en place une ICE qui tue les citoyens dans nos rues ? Veulent-ils vraiment placer des Pam Bondi, des Kash Patel et des Pete Hegseth à la tête de la justice, de la police et de l'armée en France ? Veulent-ils vraiment confier toutes nos données personnelles à des Peter Thiel ou leur équivalent ? Bref, veulent-ils vraiment d'un trumpisme à la française ?

Donald Trump est devenu bien plus qu'un simple boulet pour l'extrême droite française. Il est devenu une démonstration vivante des dangers que représente l'arrivée au pouvoir de forces politiques qui menacent les fondements mêmes de la démocratie et des libertés individuelles.