Pourquoi Sarkozy et Hollande ont-ils refusé de se présenter devant la commission sur l'audiovisuel public ?
Nicolas Sarkozy et François Hollande, les deux derniers présidents de la République avant Emmanuel Macron, ont tous deux décliné l'invitation à témoigner devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, selon des informations rapportées par Le Parisien. Cette commission, dont les auditions doivent s'achever le 8 avril prochain, est présidée par le député UDR de l'Hérault, Charles Alloncle, une figure controversée. Initialement, l'audition des anciens chefs de l'État était évoquée, mais elle ne figurera finalement pas au programme des dernières séances prévues du 31 mars au 8 avril, qui visent à compléter le travail entamé depuis novembre.
Les raisons constitutionnelles de François Hollande
François Hollande a invoqué des motifs constitutionnels pour justifier son absence. Il s'appuie sur l'article 67 de la Constitution, qui consacre l'irresponsabilité des présidents de la République pour les actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions. Cette position est d'autant plus notable que l'ancien président socialiste avait accepté, en mars 2023, de témoigner devant une commission d'enquête sur la souveraineté énergétique de la France, montrant ainsi une certaine flexibilité dans son approche des investigations parlementaires.
Les défis judiciaires de Nicolas Sarkozy
De son côté, Nicolas Sarkozy a refusé de comparaître en raison de son actualité judiciaire chargée, notamment dans le cadre de l'affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007. Cette situation l'aurait incité à éviter toute exposition supplémentaire devant les parlementaires, dans un contexte où ses procédures légales attirent déjà une attention médiatique considérable.
Les personnalités qui témoigneront
Malgré ces absences de poids, la commission procédera à des auditions clés dans les prochains jours. Dès le 31 mars, Arlette Chabot et Thierry Thuillier, anciens directeurs de l'information de France Télévisions et Radio France, se présenteront, suivis de figures médiatiques comme David Pujadas, Patrick Sébastien et Michel Drucker. Le 1er avril, Nagui et les dirigeants actuels des grandes chaînes privées – Maxime Saada pour Canal+, Rodolphe Belmer pour TF1 et David Larramendy pour M6 – seront interrogés. Les 2 avril, d'anciens PDG de France Télévisions, Patrick de Carolis et Marc Tessier, ainsi que les actionnaires de Mediawan, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, témoigneront. Enfin, Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions déjà entendue en décembre 2025, clôturera les auditions le 8 avril.
Un rapport attendu pour fin avril
Le rapport final de la commission est attendu pour les 23 ou 24 avril. Il devra être adopté par les membres du groupe de travail avant publication, marquant ainsi l'aboutissement d'un processus entamé il y a plusieurs mois. Cette enquête vise à évaluer la gouvernance et la neutralité de l'audiovisuel public, un enjeu crucial pour la démocratie et l'information en France.



