Saint-Laurent-du-Var : un duel politique aux alliances surprenantes entre RN et LR
La scène politique de Saint-Laurent-du-Var présente un casse-tête stratégique fascinant, où les lignes de l'opposition et de la collaboration se brouillent de manière inattendue. D'un côté, la mairie est le théâtre d'une confrontation classique entre la majorité du maire Joseph Segura, issu des Républicains (LR), et l'opposition menée par Rafaël Quessada du Rassemblement National (RN) et de l'Union de la Droite et du Centre (UDR). De l'autre, la Métropole Nice Côte d'Azur voit ces deux figures travailler ensemble au sein de la majorité du nouveau président Éric Ciotti (UDR), créant une dynamique politique complexe et intrigante.
Une opposition municipale farouche mais une collaboration métropolitaine
Rafaël Quessada, chef de file de l'opposition laurentine, a obtenu un score impressionnant de 49,31 % aux dernières élections municipales, consolidant sa position de force locale. Au conseil municipal, il déclare : « Je m'opposerai constamment aux mesures prises par la majorité municipale qui vont à l'encontre des intérêts des Laurentins et je soutiendrai sans faille toutes les initiatives qui vont dans le bon sens. » Pourtant, à la Métropole, où Joseph Segura occupe le poste de 4e vice-président chargé des Activités portuaires et maritimes, Quessada collabore avec lui en tant qu'allié objectif, profitant des alliances entre partis au niveau supérieur.
Cette situation soulève une question fondamentale : comment justifier une opposition farouche en mairie tout en siégeant dans la même majorité métropolitaine ? Quessada répond avec pragmatisme : « Je peux m’opposer politiquement à Joseph Segura, car nous n'appartenons pas à la même famille politique, tout en travaillant avec lui dans l'intérêt de la commune. » Il invite même le maire à le inclure davantage, suggérant une vice-présidence de commission ou plus de moyens pour son groupe, arguant que les résultats électoraux devraient être pris en compte.
Divergences sur le tramway et lancement d'une association politique
Les divergences entre les deux hommes sont particulièrement visibles sur le dossier du tramway. Joseph Segura soutient l'arrivée de la ligne 4 sur la commune, tandis que Rafaël Quessada exprime un scepticisme marqué. « Je demande à Joseph Segura de faire un référendum local sur la question du tramway. Il faut relancer le débat », insiste-t-il. Il critique le tracé proposé, qui ne desservirait selon lui que 1,8 km de côte et seulement quatre arrêts à Saint-Laurent-du-Var, loin des promesses de campagne de 2020. « Il nous faut réfléchir à d'autres solutions, car on n'a pas besoin d'un tramway pour requalifier une avenue », ajoute-t-il, plaidant pour des alternatives plus adaptées.
Parallèlement à son rôle au conseil municipal, Quessada annonce la création de l'association « Les Laurentins d'abord », dont l'assemblée générale de lancement est prévue le 25 avril à la salle Roger-Ferrière. Il explique : « Au conseil municipal, nous sommes un groupe de neuf élus, mais cette forme administrative n'a pas de moyen juridique ou politique de s'exprimer à l'extérieur. C'est pourquoi nous créons cette association. Elle va permettre d'être le relais de notre groupe et de continuer le combat politique. » À 26 ans, il se présente comme un représentant d'une nouvelle génération politique, déterminée à « renverser la table et offrir aux citoyens des responsables politiques qui soient véritablement responsables ».
Une stratégie politique qui défie les conventions
Cette dualité entre opposition municipale et collaboration métropolitaine illustre une évolution des pratiques politiques locales, où les alliances peuvent varier selon les échelons de pouvoir. Rafaël Quessada rejette tout paradoxe : « Je ne suis pas de ceux qui perdent les élections et disparaissent pendant six ans », affirmant ainsi sa volonté de maintenir une présence active et combative. Cette approche pourrait influencer les dynamiques futures à Saint-Laurent-du-Var, notamment dans les débats sur les infrastructures et la gouvernance.
En somme, le face-à-face entre Rafaël Quessada et Joseph Segura à Saint-Laurent-du-Var dépasse le simple clivage gauche-droite pour incarner une réalité politique plus nuancée, où l'intérêt communal prime parfois sur les affiliations partisanes. Cette situation, unique en son genre, mérite d'être suivie de près alors que les prochaines échéances électorales approchent et que les citoyens attendent des actions concrètes de leurs élus.



