Bruno Retailleau officiellement désigné candidat LR pour la présidentielle 2027
Les adhérents de Les Républicains ont massivement validé, dimanche, la candidature de Bruno Retailleau à l'élection présidentielle de 2027. Avec un score de 73,8 % lors d'un vote interne, le sénateur de Vendée assoit sa légitimité à la tête du parti et écarte, pour l'instant, toute idée de primaire. « C'est un score soviétique », s'amuse un cadre LR, soulignant l'ampleur du soutien.
« Après mon élection à la tête de notre famille politique il y a un an, c'est une nouvelle étape décisive dans la reconstruction et la mobilisation de la droite française », a déclaré Bruno Retailleau sur son compte X. « Notre mouvement est désormais en ordre de marche pour la campagne », a-t-il ajouté, saluant ce scrutin qui, bien que sans grand suspense, marque un tournant.
Le défi du rassemblement d'une droite fragmentée
Le premier défi de Bruno Retailleau sera de rassembler une droite profondément divisée. La famille LR est traversée par de nombreuses ambitions concurrentes, ce qui risque de compliquer la cohésion nécessaire pour la campagne présidentielle.
- David Lisnard a claqué la porte du parti et s'est lancé dans la course, déçu par l'absence de primaire.
- Xavier Bertrand et Michel Barnier n'ont pas renoncé à leurs ambitions, ce dernier ayant même lancé sa propre plateforme pour 2027.
- Quant à Laurent Wauquiez, « sa seule boussole, c'est comment emmerder Bruno », soupire un cadre LR, illustrant les tensions internes.
« Il n'y aura pas d'oukase, l'objectif est de rassembler la famille. Mais les militants ont tranché, Retailleau est le candidat LR, point. Ceux qui sont mal à l'aise avec ça doivent en tirer les conséquences », appuie Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint du parti.
Relancer la dynamique et s'imposer dans les débats
Bruno Retailleau a connu une ascension fulgurante dans les sondages lors de son entrée au gouvernement Barnier en septembre 2024, porté par des dossiers comme l'Algérie ou les questions migratoires. Cependant, depuis son départ du gouvernement, le Vendéen peine à retrouver cette dynamique, traversant un véritable « trou d'air » selon ses proches.
Pour relancer la machine, le parti s'est mis en ordre de bataille :
- Des levées de fonds sont en cours.
- Près de « quarante groupes de travail et une centaine d'experts » élaborent le projet présidentiel, sous la direction de l'ex-filloniste Pierre Danon.
« On ne peut pas mener une campagne d'eau tiède, la politique, c'est prendre son risque. Il va falloir imposer nos thèmes dans la campagne, et incarner la crédibilité face au RN », souligne Pierre-Henri Dumont. Un député RN s'inquiète d'ailleurs : « Retailleau, c'est un client sérieux, car il marche sur nos plates-bandes et peut troubler notre électorat. »
Surmonter l'obstacle Édouard Philippe et le bloc central
Le principal obstacle pour Bruno Retailleau reste Édouard Philippe. L'ancien Premier ministre, également candidat, domine les sondages au sein du bloc central, crédité d'un peu plus de 20 % d'intentions de vote, contre environ 8 % pour Retailleau.
« Tout ce qui touche au macronisme va mourir. Je ne vois pas un monde dans lequel Philippe arrive au second tour », veut croire Pierre-Henri Dumont. L'entourage de Retailleau mise sur une inversion des courbes lorsque la campagne battra son plein, mais un député de droite se montre sceptique : « Retailleau a la légitimité du parti, mais il stagne dans les sondages. Même s'il fait le ménage à droite, ça ne résout pas le problème du bloc central, avec Philippe, ou même Attal. D'une manière ou d'une autre, il faudra réfléchir à une forme de départage. »
Des figures comme Gérard Larcher, Valérie Pécresse et Jean-François Copé appellent à un rassemblement de la droite et du centre pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et le RN au second tour. Dimanche soir, Bruno Retailleau a promis aux militants qu'il irait « jusqu'au bout », affirmant sa détermination à mener une campagne ambitieuse malgré les défis qui l'attendent.



