Pas de réforme législative immédiate pour l'audiovisuel public
La nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, a annoncé lundi 30 mars 2026 sur France Inter qu'aucune loi réformant l'audiovisuel public ne serait présentée dans les prochains mois. Cependant, elle a insisté sur le fait que le projet de holding commune pour le secteur ne devait pas être "abandonné".
L'héritage de Rachida Dati
Ce projet de réunir France Télévisions, Radio France et l'Institut National de l'Audiovisuel sous une structure holding unique constituait l'un des principaux objectifs de sa prédécesseure, Rachida Dati. Malgré ses efforts, cette dernière n'avait pas réussi à concrétiser cette transformation structurelle du service public audiovisuel.
Une approche pragmatique privilégiée
"Plutôt que de s'interroger sur les structures, sur lesquelles à l'évidence on peine à trouver un consensus, il faut plutôt penser à améliorer le fonctionnement du service public", a déclaré Catherine Pégard. Elle a souligné que ce service public représentait "notre bien commun" et qu'il devait "pouvoir affronter les transformations de la société".
La ministre a précisé avoir déjà rencontré les dirigeants de l'audiovisuel public et défini sa mission : "poursuivre les consultations, reprendre le dialogue et fixer une nouvelle ambition au service public".
Critiques des débats parlementaires
Interrogée sur la commission d'enquête parlementaire examinant le financement et la neutralité de l'audiovisuel public, Catherine Pégard s'est montrée particulièrement critique : "il y a des moments où les bornes sont dépassées dans la manière de mener ces débats".
Elle a ajouté : "Dès que je vois des lieux où l'on s'invective de cette façon, je trouve qu'on ne fait gagner ni la démocratie, ni le regard que l'on peut porter sur les uns et les autres".
Contexte politique tendu
Cette commission d'enquête, créée à la demande de l'UDR d'Éric Ciotti - parti allié du Rassemblement national qui prône la privatisation de l'audiovisuel public - a été marquée par de nombreux incidents. Ses travaux se sont déroulés dans un climat souvent conflictuel et ses auditions doivent s'achever début avril 2026.
La position de Catherine Pégard apparaît ainsi comme un équilibre délicat entre :
- La reconnaissance des difficultés à obtenir un consensus sur les structures
- Le maintien de l'objectif à long terme d'une holding commune
- La priorité donnée à l'amélioration du fonctionnement quotidien du service public
- La volonté de restaurer un dialogue constructif avec les acteurs du secteur
Cette approche progressive contraste avec le calendrier législatif initialement envisagé et témoigne des divisions persistantes autour de l'avenir de l'audiovisuel public français.



