Barack Obama serait-il devenu aussi mégalo que Donald Trump ? Avant même son inauguration officielle prévue le 18 juin à Chicago, l'Obama Presidential Center fait déjà largement parler de lui. Ce complexe de 850 millions de dollars consacré à l'héritage de Barack Obama est dominé par un imposant bâtiment de granit de 69 mètres de hauteur, presque dépourvu de fenêtres. Rapidement surnommé « l'Obamalisque » par certains observateurs, il constitue la pièce maîtresse du futur musée consacré au premier président noir des États-Unis.
Un centre au cœur de la communauté
Situé dans le South Side de Chicago, où Barack et Michelle Obama ont longtemps vécu, le centre présidentiel se distingue des 15 autres bibliothèques présidentielles américaines par sa composition. Le site comprend notamment une bibliothèque numérique, un gymnase de basket et une vaste aire de jeux. Sa construction sur un ancien espace vert a suscité des critiques de certains habitants, mais la Fondation Obama estime que le projet devait être implanté au cœur de la communauté locale.
Les valeurs défendues par Barack Obama
Les responsables du centre voient dans son architecture une traduction des valeurs défendues pendant la présidence Obama. « C'est un foyer permanent pour l'espoir », affirme Valerie Jarrett, directrice générale de la Fondation Obama et ancienne conseillère de la Maison-Blanche. Très impliqué dans le projet, l'ancien président a participé activement à sa conception. Valerie Jarrett reconnaît d'ailleurs qu'« il avait beaucoup de choses à dire sur la manière dont le bâtiment était conçu », le qualifiant d'« architecte frustré, d'une certaine façon ».
L'édifice est surmonté d'extraits gravés d'un discours prononcé par Barack Obama à Selma, en Alabama, en 2015. Les visiteurs sont accueillis par une statue du couple présidentiel avant de découvrir la « Sky Room », un espace panoramique offrant une vue sur Chicago. Le parcours retrace la jeunesse du président, sa victoire électorale de 2008 et les principales réalisations de sa présidence. Une reproduction du Bureau ovale, avec une copie grandeur nature du Resolute Desk, figure parmi les attractions les plus remarquées. Un restaurant propose également un « Obama Burger » vendu 15,50 dollars.
Une poubelle pour Donald Trump
L'héritage politique de Barack Obama est également présent en filigrane. Donald Trump, qui a tenté de revenir sur plusieurs mesures emblématiques de son prédécesseur, reste une figure omniprésente dans les commentaires entourant le projet. La Fondation assure toutefois vouloir privilégier une approche plus large. « Nous ne nous concentrons pas sur une tranche étroite et particulière de l'héritage d'Obama », explique Michael Strautmanis, directeur des Affaires institutionnelles de la Fondation. « Il s'agit surtout d'inspirer de nouveaux dirigeants ».
L'architecture du bâtiment continue néanmoins de diviser. Le New York Times la juge « froide et dissuasive », tandis que le Washington Post évoque une « faille temporelle ». Donald Trump l'a quant à lui comparée à une poubelle. Les architectes Billie Tsien et Tod Williams défendent au contraire un édifice conçu comme le symbole d'une présidence particulière. De son côté, Barack Obama a expliqué que « ce n'est pas un monument à mon héritage, c'est une porte d'entrée vers le vôtre ». Pendant ce temps, Donald Trump a annoncé un projet de Trump Presidential Library à Miami, avec notamment son propre Bureau ovale et un avion Air Force One.



