Mort de Quentin à Lyon : Les réactions politiques s'enchaînent
La mort de Quentin D., un étudiant de 23 ans proche des milieux identitaires, agressé violemment jeudi soir à Lyon, continue de susciter de vives réactions dans la classe politique française. L'étudiant est décédé samedi des suites de ses blessures, survenues en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
L'enquête privilégie la piste de l'ultragauche
L'enquête, toujours en cours, privilégie actuellement la piste d'une agression par des militants d'extrême gauche, potentiellement liés au groupe antifasciste « La Jeune Garde », dissous en juin 2025. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé dimanche soir que « manifestement c'est l'ultragauche qui était à la manœuvre ».
Selon le collectif identitaire Némésis, Quentin faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre la conférence de Rima Hassan. Le procureur de la République de Lyon doit faire un point sur l'enquête ce lundi à 15 heures.
Raphaël Glucksmann charge La France insoumise
Lundi matin, l'eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann a vivement critiqué La France insoumise sur les ondes de RTL. Il a estimé qu'il était « impensable » que la gauche « cultive le moindre doute » sur une « possible alliance avec La France insoumise » à l'élection présidentielle de 2027.
« Il va falloir maintenant qu'on mette un terme à cette brutalisation du débat public », a déclaré Glucksmann, affirmant qu'il existe « une responsabilité de tous les dirigeants politiques qui attisent la haine, y compris ceux de la France insoumise ».
Le très probable candidat à la présidentielle a néanmoins reconnu que « il y a aussi des morts causées par les milices d'ultradroite ». Il a souligné que c'est le Rassemblement national qui « menace aujourd'hui de prendre le pouvoir en France » et qui « menace de faire basculer la France dans le camp trumpiste et dans le camp poutinien ».
Glucksmann a promis d'être « la digue » de défense de la démocratie, précisant : « Nous serons cette digue de défense de la démocratie, précisément parce que nous ne ferons aucune alliance avec des mouvements qui mettent à mal la démocratie, dont la France insoumise ».
Le gouvernement pointe la « responsabilité morale » de LFI
De son côté, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a dénoncé lundi la « responsabilité morale » de La France Insoumise dans un « climat de violence » qui gangrène le débat politique. Sur BFMTV/RMC, elle a déclaré : « La France Insoumise encourage depuis des années maintenant un climat de violence ».
Elle a ajouté : « Il y a donc, vis-à-vis du climat politique, du climat de violence, une responsabilité morale de La France Insoumise ». Ces accusations interviennent dans un contexte politique déjà tendu, marqué par des affrontements idéologiques de plus en plus virulents.
Rassemblement d'extrême droite pour Quentin
Dimanche après-midi, plusieurs dizaines de personnes, dont des élus et cadres du Rassemblement national ainsi que des personnalités comme Marion Maréchal et Eric Zemmour, se sont rassemblées devant l'université de la Sorbonne à Paris. Ils réclamaient « justice pour Quentin » lors d'un rassemblement à l'appel de plusieurs groupes identitaires et nationalistes.
Une banderole proclamant « Antifas assassins, justice pour Quentin » a été déployée devant le bâtiment universitaire. Des membres de groupuscules comme les Natifs, la Bastide bordelaise et l'Oriflamme Rennes comptaient également parmi les participants.
Cette affaire tragique met en lumière les tensions extrêmes qui traversent actuellement le paysage politique français, où les violences verbales et physiques semblent s'intensifier à l'approche de périodes électorales cruciales.



