Le maire de Saint-Denis lance un appel urgent contre le racisme et vise CNews
Dans un entretien exclusif accordé à l'Agence France-Presse, Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, a une nouvelle fois sonné l'alarme face à la montée du racisme en France. Élu de La France Insoumise à la tête de la deuxième plus grande ville d'Île-de-France après Paris, il dénonce avec véhémence « une société de plus en plus raciste » et exige des pouvoirs publics une réaction immédiate avec des mesures fortes et concrètes.
Une demande de fermeture de CNews et un appel à l'Arcom
Le maire a pointé du doigt la chaîne CNews, sur laquelle des propos polémiques le visant ont été tenus récemment. Il estime que face à un « racisme qui est plus affirmé et qui est quasi débridé », l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel, doit faire preuve de beaucoup plus de sévérité. Bally Bagayoko interroge : « Est-ce que nous sommes obligés d’avoir une offre médiatique avec des chaînes racistes comme CNews et d’autres ? Moi je dis que non. »
Il a explicitement demandé le retrait des autorisations d'émettre accordées à la chaîne du groupe Bolloré, affirmant que la justice doit également être « beaucoup plus franche » dans ce dossier. Ces déclarations font suite aux propos du psychologue Jean Doridot et du philosophe Michel Onfray, qui ont suscité l'indignation à gauche et au gouvernement, conduisant à une saisine de l'Arcom.
Actions judiciaires et mobilisation citoyenne
En réponse à ces attaques, le maire a déposé plainte mercredi contre CNews, Jean Doridot et Michel Onfray. Parallèlement, il a appelé à un « grand rassemblement » contre le racisme, prévu samedi à 14 heures devant l’hôtel de Ville de Saint-Denis, afin de mobiliser la population et les acteurs politiques. Contactée par l'AFP, CNews n'a pas souhaité commenter, mais avait précédemment contesté que des propos racistes aient été tenus sur son antenne.
Défense de sa politique sécuritaire et critiques d'Éric Ciotti
Lors de cet entretien, Bally Bagayoko est également revenu sur sa politique sécuritaire, souvent décriée par ses opposants. Concernant la volonté de désarmer la police municipale, il précise qu'il s'agit pour le moment uniquement de geler le renouvellement des lanceurs de balles de défense (LBD), sans suppression ou baisse d'effectifs. Il souligne plutôt la responsabilité de l'État, notant un manque d'effectifs de police nationale sur le territoire.
Le maire a qualifié les policiers municipaux de « grands professionnels », qu'il a rencontrés la semaine dernière, et a vivement critiqué Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice allié au Rassemblement National. Ce dernier avait proposé d'accueillir les policiers municipaux de Saint-Denis, désarmés par leur maire d'extrême gauche. Bally Bagayoko a réagi en déclarant : « Cette stratégie de bordélisation des choses me fait moyennement sourire », plaidant pour un État fort et rejetant ce qu'il perçoit comme une idéologie.
Analyse des défis locaux et appel à l'action
Alors que Saint-Denis est parfois réduite à des problématiques de trafics, notamment de stupéfiants, le maire juge que ces délits sont liés aux difficultés de l'État à gérer certains aspects du traitement des marchandises dans les aéroports, avec des douaniers dépassés par l'explosion des volumes. Il appelle ainsi à une approche globale et coordonnée pour faire face aux enjeux de sécurité et de cohésion sociale.
En somme, Bally Bagayoko positionne son mandat autour d'un combat ferme contre le racisme, d'une défense de sa vision sécuritaire et d'une critique acerbe des positions politiques adverses, tout en mobilisant la communauté pour un changement tangible.



