Macron suit les municipales malgré les crises, tandis que la politique française s'agite
Macron suit les municipales malgré les crises internationales

Le président maintient son attention sur le scrutin local malgré les urgences internationales

Absorbé par les défis géopolitiques et la recrudescence des tensions au Moyen-Orient, le chef de l'État n'en délaisse pas pour autant l'agenda électoral national. À raison de deux séances hebdomadaires, Emmanuel Macron se réserve des moments spécifiques pour être briefé par ses collaborateurs de l'Élysée sur l'évolution des campagnes municipales dans les grandes villes françaises.

La bataille pour la mairie de Paris occupe naturellement une place centrale, mais la situation à Marseille – ville chère au président –, à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nice et Le Havre est tout aussi scrutée. Dans ce dernier cas, l'ancien premier ministre Édouard Philippe mène un combat serré face à la gauche et à l'alliance UDR-RN. Le président garde également un œil particulier sur Amiens, sa ville natale.

Conformément à la tradition, une soirée électorale est prévue à Paris les 15 et 22 mars, rue du Faubourg-Saint-Honoré, réservée aux membres du cabinet présidentiel. Dans l'ensemble, l'Élysée nourrit des attentes modestes pour ce scrutin. « Le scénario idéal pour nous ressemblerait à un 2001 inversé : nos victoires potentielles, notamment à Lyon avec Jean-Michel Aulas et à Paris avec Rachida Dati, pourraient compenser les échecs ailleurs… qui seraient alors imputés en premier lieu à Gabriel Attal, le président de Renaissance », confie un proche collaborateur macroniste.

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Les livres sur le bureau présidentiel et l'intrus révélé

Parmi les ouvrages récemment observés sur le bureau d'Emmanuel Macron, un seul ne correspond pas à la sélection habituelle. La liste comprend Résider sur la Terre de Pablo Neruda, Faire l'Europe dans un monde de brutes d'Enrico Letta et Sébastien Maillard, Vers le monde de 2050 de Michel Camdessus, Malraux raconté par ses proches d'Alain Malraux, Le Rouge et le Noir de Stendhal, Les Nourritures terrestres d'André Gide et le tome 100 du manga One Piece d'Eiichiro Oda. L'intrus est sans conteste le numéro 5, La Dissolution pour les nuls, un ouvrage collectif.

Une candidate aux racines trotskistes à Saint-Denis

Sur la liste de La France Insoumise pour les municipales à Saint-Denis, on découvre en dixième position un nom important du trotskisme : Hélène Boussel. Elle est la fille de Pierre Boussel, mieux connu sous le pseudonyme de Pierre Lambert, fondateur de l'Organisation communiste internationaliste (OCI), qui fut le mentor du jeune Jean-Luc Mélenchon. L'OCI de Lambert est devenue le Parti ouvrier indépendant (POI), auquel est affiliée sa fille aujourd'hui. Le POI maintient des liens étroits avec Mélenchon, qui organise des réunions dans son siège parisien et lui confie son service d'ordre. Les dirigeants de LFI affirment pourtant que leur mouvement n'est pas d'extrême gauche.

L'effet drapeau : un soutien présidentiel fluctuant en période de crise

Lors de conflits armés ou d'attaques terroristes, le président en exercice bénéficie souvent d'une hausse temporaire de popularité, communément appelée « effet drapeau », avant un retour à la normale. L'analyse historique révèle des variations significatives.

Effets positifs notables :

  • François Mitterrand lors de la première guerre du Golfe (février 1991) : sa cote passe de 37% en janvier à 56% en mars (+19 points), avant de redescendre à 47% en avril.
  • Jacques Chirac pendant l'intervention au Kosovo (mars 1999) : de 57% en février à 63% en avril (+6 points).
  • François Hollande après les attentats de Paris (novembre 2015) : de 20% en octobre à 27% en décembre (+7 points).
  • Emmanuel Macron suite à l'intervention en Iran (mars 2026) : de 19% en février à 25% en mars (+6 points).

Effets négatifs observés :

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  • Jacques Chirac durant l'intervention en Afghanistan (octobre 2001) : sa popularité chute de 62% en septembre à 54% en novembre (-8 points).
  • Nicolas Sarkozy pendant l'intervention en Libye (mars 2011) : de 31% en février à 28% en avril (-3 points).

Les données proviennent des instituts de sondage Ifop et Elabe.

Bruno Le Maire prépare son retour littéraire et politique

Bruno Le Maire effectuera un retour remarqué le 23 avril avec la publication de son nouvel ouvrage, Le Temps d'une décision (Gallimard). Relativement discret ces dix-huit derniers mois, le ministre des Finances, en poste à Bercy depuis sept ans et ancien ministre des Armées pendant quelques heures seulement sous Emmanuel Macron, observe avec attention les manœuvres en vue de l'élection présidentielle de 2027, sans renoncer à ses propres ambitions. Son livre paraîtra simultanément avec celui d'un autre prétendant à l'Élysée, Gabriel Attal.

Tensions au sein de la droite : Retailleau menace, Lecornu nomme

Bruno Retailleau avait clairement averti ces dernières semaines, alors que Sébastien Lecornu envisageait les remaniements gouvernementaux. Si ce dernier intégrait un nouvel élu Les Républicains, le président du parti considérerait cela comme un casus belli. La menace n'a visiblement pas intimidé le Premier ministre. Jean-Didier Berger, député LR des Hauts-de-Seine, a effectivement rejoint le gouvernement en tant que ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur. Conséquence immédiate : il a été suspendu de son parti par Retailleau. Suspendu, mais désormais ministre de la République.

Déclarations contrastées sur l'ONU, le « machin » selon de Gaulle

Gabriel Attal a récemment qualifié les Nations unies d'ONG, relançant le débat sur le rôle de l'organisation. Diverses personnalités politiques ont exprimé leur point de vue.

  • « L'ONU est devenue un guichet humanitaire et une ONG climatique. Pas une instance de régulation des conflits. » – Gabriel Attal, France Inter, 1er mars.
  • « Les Nations unies, c'est nous tous. » – Emmanuel Macron, siège de l'ONU, 23 septembre 2025.
  • « L'ONU, c'est une promesse vivante. » – Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, 24 octobre 2025.
  • « Ce ne sont que des paroles en l'air. » – Donald Trump, siège de l'ONU, 23 septembre 2025.
  • « Depuis des décennies, l'ONU, ce ne sont que des déclarations. » – Volodymyr Zelensky, EuroNews 24, septembre 2025.
  • « L'ONU est la seule assemblée commune de l'Humanité. » – Jean-Luc Mélenchon, X, 23 août 2024.

Rappel historique : le 10 septembre 1960, le président Charles de Gaulle, irrité par l'implication de l'organisation dans la question algérienne, avait qualifié l'ONU de « machin ».

Stratégies électorales : l'union PS-LFI, entre affichage et discrétion

Lors des municipales, de nombreux candidats bénéficient du soutien conjoint du Parti socialiste et de La France Insoumise dès le premier tour, mais cette alliance n'est pas toujours mise en avant.

  1. À Antony (Hauts-de-Seine), la transparence est de mise : les logos de tous les partis (LFI, PS, Les Écologistes, PCF et même le PRG) figurent sur les tracts de la liste de gauche.
  2. Dans d'autres villes, les candidats optent pour la discrétion. À Chartres (Eure-et-Loir), seules les couleurs des partis apparaissent sur les affiches (rose pour le PS, violet pour LFI, vert pour Les Écologistes, rouge pour le PCF).
  3. À Niort (Deux-Sèvres), le maire sortant Jérôme Baloge (Parti radical) masque toute référence, y compris le mot « gauche ». La liste qui le soutient s'intitule simplement « La liste du rassemblement ».

Le chiffre : la baisse des naissances dans l'Union européenne

Selon les données d'Eurostat, 3,55 millions de bébés sont nés dans l'UE en 2024, soit une baisse de 3,3% par rapport à 2023. L'indicateur de fécondité a atteint un niveau record de 1,34 enfant par femme. Les disparités sont marquées : 1,72 en Bulgarie, 1,61 en France, 1,52 en Slovénie, 1,11 en Lituanie, 1,1 en Espagne et seulement 1,01 à Malte, où le taux est le plus bas.