À l'écart de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a choisi de s'exprimer sur un sujet qui lui tient à cœur : l'abolition de la peine de mort. Dans un entretien accordé au quotidien La Croix, le chef de l'État s'est posé en gardien de cette valeur fondamentale, rappelant que la France a aboli la peine capitale en 1981 grâce à Robert Badinter. "L'abolition est un acquis irréversible de notre civilisation", a-t-il déclaré, ajoutant que "la France doit continuer à porter ce combat dans le monde".
Un message fort en pleine campagne
Cette prise de position intervient alors que la campagne pour l'élection présidentielle bat son plein. Certains candidats, notamment à l'extrême droite, ont évoqué la possibilité d'un référendum sur le rétablissement de la peine de mort. Sans les nommer directement, Emmanuel Macron a fermement condamné ces propositions : "Revenir sur l'abolition serait une régression historique. La France ne peut pas se renier." Selon un sondage Ifop réalisé en mars 2026, 44% des Français se disent favorables au rétablissement de la peine de mort, un chiffre en légère hausse par rapport aux années précédentes.
Un combat international
Le président a également insisté sur le rôle de la France dans la lutte mondiale contre la peine capitale. "Nous devons être exemplaires et convaincre les autres nations", a-t-il affirmé. La France milite activement pour une résolution de l'ONU en faveur d'un moratoire universel sur les exécutions. En 2025, selon Amnesty International, 1 200 personnes ont été exécutées dans le monde, principalement en Chine, en Iran, en Arabie saoudite et aux États-Unis. Emmanuel Macron a rappelé que "chaque vie humaine est sacrée" et que "la justice ne se construit pas dans la vengeance".
Un héritage à préserver
Le chef de l'État a rendu hommage à Robert Badinter, l'ancien garde des Sceaux qui a porté la loi d'abolition en 1981. "Robert Badinter est un grand homme d'État. Son combat est le nôtre", a-t-il souligné. Emmanuel Macron a également annoncé que le gouvernement allait renforcer la coopération judiciaire avec les pays abolitionnistes et soutenir financièrement les organisations non gouvernementales qui luttent contre la peine de mort. Interrogé sur la possibilité d'une initiative législative pour inscrire l'abolition dans la Constitution, le président a répondu : "C'est une piste que nous étudions. Il faut que ce principe soit intangible."
Une position qui divise
Cette prise de position a suscité des réactions contrastées. Les associations de défense des droits de l'homme ont salué "une déclaration claire et nécessaire". En revanche, certains candidats à la présidentielle ont critiqué ce qu'ils considèrent comme une "instrumentalisation" du sujet. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, a déclaré : "Le président ne doit pas dicter sa morale aux Français. La peine de mort est une question qui doit être tranchée par le peuple." Emmanuel Macron, lui, reste campé sur ses positions : "La démocratie ne se mesure pas à la popularité des idées, mais à leur respect des droits fondamentaux."



