La gauche hors LFI cherche un récit pour reconquérir la France des pavillons à Montreuil
La gauche hors LFI cherche un récit pour la France des pavillons

La gauche hors LFI en quête d'un nouveau récit pour séduire la France des pavillons

Une partie de la France ne nous écoute plus. C'est ce constat amer qui a animé les débats samedi 11 avril à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, où les promoteurs de la social-écologie se sont réunis pour réfléchir au récit que la gauche pourrait offrir à la France des pavillons et des lotissements.

L'éléphant dans la pièce : la primaire unitaire pour 2027

Si les organisateurs avaient fixé une règle stricte interdisant d'aborder la question de la primaire unitaire pour l'élection présidentielle de 2027, cette préoccupation est restée omniprésente tout au long de la journée. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et chaud partisan du processus, a même qualifié ce sujet de mot interdit, tandis que Clémentine Autain avait renoncé à participer à l'événement, faute de pouvoir défendre cette idée à la tribune.

Malgré cette contrainte, une belle brochette de responsables de la gauche hors La France Insoumise a tenu plusieurs heures de débats constructifs. Parmi les participants figuraient Boris Vallaud, rival interne d'Olivier Faure au PS, le sénateur écologiste Yannick Jadot, Léa Balage El Mariky porte-parole de Marine Tondelier, et le social-démocrate Raphaël Glucksmann, actuellement bien placé dans les sondages.

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Un diagnostic partagé sur l'état préoccupant de la gauche

Les discussions ont principalement porté sur l'état de la gauche française, et la plupart des participants se sont accordés sur un diagnostic peu brillant. Certes, aux élections municipales, le Parti socialiste et ses alliés écologistes ont réussi à conserver des bastions comme Paris, Lyon, Marseille, Nantes ou Montpellier, mais ils ont simultanément perdu énormément de terrain dans ce qu'on appelle communément la France des pavillons.

Cette France périurbaine et rurale, caractérisée par l'habitat individuel et les lotissements, semble de plus en plus éloignée des préoccupations et du discours de la gauche traditionnelle. Ronan Dantec, sénateur écologiste et organisateur de ces rencontres de la social-écologie, avait présenté le manifeste de ce mouvement dans le Nouvel Obs dès décembre dernier, soulignant l'urgence de recréer du lien avec ces territoires.

La social-écologie comme réponse possible

L'initiative de Montreuil visait précisément à explorer comment la social-écologie pourrait constituer un récit fédérateur capable de reconquérir ces électeurs. Les débats ont mis en lumière plusieurs pistes de réflexion :

  • La nécessité de proposer un projet concret pour les classes moyennes périurbaines
  • L'importance d'articuler justice sociale et transition écologique de manière crédible
  • Le besoin de s'adresser aux préoccupations quotidiennes des habitants de ces territoires
  • L'urgence de combler le fossé grandissant entre les métropoles et les zones périurbaines

Malgré la qualité des échanges, l'ombre de la primaire unitaire pour 2027 planait constamment sur les discussions. Dans les couloirs et lors des pauses, ce sujet a animé de nombreuses conversations informelles, et il a fini par resurgir ouvertement à la fin des débats, confirmant qu'il reste la question centrale qui divise et préoccupe la gauche non-insoumise.

La journée de Montreuil aura au moins démontré une chose : la gauche sait parler d'autre chose que de son mode de désignation présidentielle. Mais elle a aussi révélé l'ampleur du défi qui l'attend pour reconquérir cette France des pavillons qui lui échappe de plus en plus, et la difficulté à séparer cette ambition du processus de désignation de son futur candidat à la présidentielle.

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