Josée Massi accède à la présidence de la Métropole TPM dans un contexte politique agité
Ce jeudi, lors d'un conseil métropolitain marathon de près de six heures, Josée Massi a été élue présidente de la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM). L'événement, marqué par l'éviction des trois maires du Rassemblement national (RN) et de l'Union des démocrates et républicains (UDR) des postes de vice-présidents, a vu l'ex-adjointe d'Hubert Falco obtenir une large majorité des suffrages. À 75 ans, elle succède ainsi à Jean-Pierre Giran et devient la nouvelle figure emblématique de ce territoire regroupant douze communes et 456 000 habitants.
Dans son discours d'acceptation, Josée Massi a déclaré : « C'est un grand honneur et une grande responsabilité que j'accueille avec enthousiasme et détermination. » Cependant, cette élection s'est déroulée dans une atmosphère extrêmement tendue, ponctuée de suspensions de séance, d'échanges virulents et de manœuvres en coulisses.
Une opposition frontale du Rassemblement national
Dès l'ouverture du conseil, la députée RN Laure Lavalette a exprimé sa ferme réprobation, dénonçant l'exclusion des maires RN de La Seyne, Six-Fours et La Valette des vice-présidences. Elle a lancé : « À quoi bon ce sectarisme et cette violence ? Vous avez décidé de passer cette mandature, non pas au service des gens mais au service de vos petits intérêts politiciens. » Elle a même menacé de surveiller étroitement les actions de la nouvelle présidente.
Jean-Louis Masson, président du Département du Var et réconcilié avec Josée Massi, a défendu cette décision en rappelant les résultats des dernières municipales : la majorité métropolitaine a recueilli 103 075 voix contre 67 943 pour l'extrême droite. « Dans la représentation de cet hémicycle, il y a donc une réelle majorité et une opposition. Ça s'appelle la démocratie », a-t-il affirmé.
Un scrutin long et symbolique
Josée Massi a finalement été élue avec 58 voix de sa majorité, tandis que les 29 conseillers du RN-UDR, ainsi qu'un élu de gauche et un non étiqueté, ont voté blanc ou nul. Dans son discours de politique générale, l'ancienne professeure de mathématiques a tenté d'apaiser les tensions en promettant de travailler « avec chacun des douze maires dans un esprit de dialogue et de coopération ».
Elle a annoncé la création d'une « conférence des maires » mensuelle, où les élus RN siégeront « au premier rang », mais sans accéder à l'exécutif. Cette mesure n'a pas suffi à calmer les esprits. Les maires RN ont symboliquement proposé leur candidature aux vice-présidences, arguant que des divergences politiques n'avaient pas empêché des collaborations passées, comme sous la mandature d'Hubert Falco.
Le scrutin pour les vice-présidences a été particulièrement laborieux, chaque conseiller métropolitain votant treize fois à bulletin secret dans un isoloir unique, prolongeant la séance jusqu'à six heures. Aucun élu RN n'a été promu, confirmant leur exclusion de l'exécutif.
Un mandat sous haute surveillance
Avec un tiers des sièges au conseil métropolitain, le RN a clairement signifié que le mandat de Josée Massi ne serait pas de tout repos. Laure Lavalette a moqué la réconciliation entre Josée Massi et Jean-Louis Masson, qualifiant cela de « réconciliation des membres de la grande famille macroniste pour garder les clés d'une maison qui ne [leur] appartient pas ».
Malgré ces tensions, Jean-Louis Masson a souligné l'importance d'un tandem entre la Métropole et le Département pour le développement du territoire. Josée Massi, quant à elle, devra naviguer entre dialogue et fermeté pour mener à bien ses projets dans un contexte politique local de plus en plus polarisé.



