Les anciens présidents se dérobent à l'audition parlementaire
Alors que s'engage la phase finale de la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité de l'audiovisuel public, deux figures majeures de la vie politique française vont briller par leur absence. François Hollande et Nicolas Sarkozy, qui devaient être auditionnés, ont formellement décliné l'invitation des députés, selon les informations révélées par Le Parisien.
Des absences justifiées par des contraintes légales et judiciaires
Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il ne pourrait pas se présenter en raison de sa participation active au procès concernant le présumé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a qualifié cette absence de « légitime », précisant que l'ancien chef de l'État s'est déclaré prêt à transmettre sa contribution par écrit.
De son côté, François Hollande a invoqué des « raisons constitutionnelles » pour justifier son refus de comparaître. L'article 67 de la Constitution française interdit effectivement toute mise en cause d'un président de la République pour des actes accomplis durant son mandat. L'ancien locataire de l'Élysée estime que cette protection juridique reste valable, y compris pour de simples auditions parlementaires.
Une commission qui avance malgré les défections
Cette double défection intervient après celle de Xavier Niel, patron de Free et actionnaire de Mediawan, qui avait déjà décliné l'invitation fin février 2026. Les députés membres de la commission devront donc poursuivre leurs travaux sans ces témoins de premier plan.
La commission entame actuellement une série finale de rendez-vous qui s'achèvera le 8 avril 2026. Le rapport complet de cette enquête parlementaire est attendu pour la fin du mois d'avril. Malgré ces absences notables, les travaux se poursuivent avec détermination pour éclairer la question cruciale de la neutralité de l'audiovisuel public français.
Cette situation soulève des questions importantes sur l'accès des commissions parlementaires aux anciens présidents et sur les limites de leur responsabilité après leur mandat. Elle met également en lumière les défis auxquels sont confrontées les enquêtes parlementaires lorsqu'elles cherchent à entendre des personnalités protégées par des immunités constitutionnelles ou engagées dans des procédures judiciaires.



