Départ de Vallaud : une opportunité pour Hollande et le centre
Départ de Vallaud : Hollande en pole position

Ce n’était sans doute pas son objectif. Quand Boris Vallaud rend son tablier à Olivier Faure en quittant les instances dirigeantes du Parti socialiste, il pensait d’abord jouer pour lui-même. Auteur d’un nouveau concept, la « dé-marchandisation », l’ambitieux frustré qu’est l’ex-secrétaire général adjoint de l’Élysée espérait se lancer personnellement dans la bataille pour l’investiture à la présidentielle. Mais il s’est moins ouvert un chemin pour lui-même qu’un boulevard pour un candidat social-démocrate de poids, sans doute François Hollande.

Une mini-primaire enterrée

Aussi talentueux soit-il, l’orateur acerbe du Palais-Bourbon ne fait pas le poids pour se mesurer à ceux qui ont déjà les sondages avec eux, comme Raphaël Glucksmann, ou l’expérience, comme François Hollande. Certes, son idée de « dé-marchandisation » a le mérite d’apporter un peu de nouveauté dans le très pauvre débat d’idées chez les roses. Mais il est un peu compliqué à vendre et fleure bon le péché mignon de la gauche : toujours plus de dépenses publiques, à l’heure où il devient vital de les réduire.

S’il ne se sert pas directement lui-même en quittant la direction du PS, Vallaud change la donne pour les autres. Ainsi les ambitions d’Olivier Faure sont-elles contrecarrées. Le premier secrétaire espérait se faire désigner candidat pour 2027 à l’occasion de la primaire de la « petite gauche » non-mélenchoniste, snobée par les personnalités sociales-démocrates, de Glucksmann à Hollande, en passant par Bernard Cazeneuve et Jérôme Guedj. Patatras : en perdant officiellement la majorité au PS, Faure ne pourra pas imposer un vote des militants pour approuver cette mini-primaire. Celle-ci n’aura pas lieu. Exit, le patron des roses.

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Hollande, le grand bénéficiaire

François Hollande n’a pas perdu de temps pour se réjouir de l’évolution de la situation : « Il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du PS. C’est fini, c’est terminé », a-t-il affirmé ce week-end, la mine épanouie. Voilà qui permet une autre stratégie prônée par l’ancien président : l’ouverture vers le centre. « La gauche tout entière, affirme-t-il, fait 30 à 35 % des électeurs, cela ne suffit pas. »

L’objectif est donc de désigner le champion social-démocrate le mieux à même de conquérir – ou de retrouver – l’électorat de gauche qui était passé chez Emmanuel Macron, et qui est aujourd’hui déçu. À tort ou à raison, François Hollande s’estime le plus capé pour incarner ce candidat-là. Le député de Corrèze a commencé, dès dimanche 10 mai, à envoyer des signaux dans cette direction : « Le prochain président devra faire l’unité des Français. Il peut être de gauche, à condition qu’il ne se réduise pas à sa seule famille politique. Pour gagner, il faut s’élargir », a-t-il déclaré sur France 3 dans Dimanche en politique.

Cap au centre

On ne peut être plus clair. Certes, une telle stratégie expose aux critiques de Jean-Luc Mélenchon, toujours prompt à qualifier ses anciens alliés de « sociaux-traîtres ». Mais loucher du côté de LFI, comme l’a fait Olivier Faure, n’a pas porté chance au PS, qui s’est abîmé en route. Alors la seule voie possible pour tenter de se qualifier pour le second tour de la présidentielle est de récupérer une partie du centre. Ce n’était peut-être pas le but de Boris Vallaud lorsqu’il a quitté la direction du PS. Mais en barrant la route à Faure et à une alliance à gauche, il donne, de facto, une chance à ceux qui souhaitent mettre la barre au centre. À commencer – est-ce totalement un hasard ? – par celui qui a été son ancien patron à l’Élysée.

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