Un recours inattendu offre un répit à Éric Ciotti
Dans une ironie politique notable, Éric Ciotti peut remercier son ancienne adversaire écologiste à la mairie de Nice, Juliette Chesnel-Le Roux. La candidate malheureuse a déposé un recours contre l'élection de l'allié du Rassemblement National à la tête de la cinquième ville de France. Ce geste, purement formel et ne remettant pas sérieusement en cause le scrutin, retire une délicate épine du pied du patron de l'Union des droites pour la République.
Un délai précieux pour le député des Alpes-Maritimes
Désormais saisi, le tribunal administratif dispose de trois mois pour statuer sur la régularité de l'élection niçoise. Ce délai, possiblement prorogé en cas de recours devant le Conseil d'État, permet à Éric Ciotti d'être exceptionnellement autorisé à cumuler ses fonctions de maire et de député. Ainsi, il peut rester à la tête de son groupe de quinze parlementaires au sein de l'Assemblée nationale, retardant une décision qu'il renâclait à prendre.
Lors d'une réunion des députés UDR ce mardi, l'intéressé a informé ses élus qu'il resterait au Palais-Bourbon, reportant l'heure de désigner un successeur. Cette annonce a suscité une once de déception chez quelques ambitieux, car le maire de Nice apprécie son rôle de chef de groupe, notamment pour siéger aux côtés de Marine Le Pen à la conférence des présidents.
Une succession en suspens et des profils contrastés
Avant même ce recours opportun, Éric Ciotti ne montrait pas d'empressement à choisir son suppléant. Peut-être par superstition, l'ancien patron de Les Républicains a refusé d'y réfléchir avant le second tour des municipales. Une fois élu, il a rapidement fait savoir qu'il entendait rester à l'Assemblée aussi longtemps que la loi le permettait, soit 30 jours, pour tester les ambitions de ses pairs.
Derrière ce choix se cachent deux profils distincts au sein du groupe UDR. D'un côté, l'archi-fidélité avec un proche de sa génération, comme Bernard Chaix, ancien directeur de campagne à Nice. De l'autre, un député trentenaire tel que Charles Alloncle, qui a gagné en visibilité médiatique et fait ses preuves dans l'hémicycle.
Un député UDR anonyme analyse : « Il y a deux générations très tranchées dans ce groupe. Les deux s'entendent bien, mais aucun profil intermédiaire ne peut faire la synthèse. » Avec ce recours, la succession perd en substance, car la fenêtre intéressante était la niche UDR en juin. Éric Ciotti restant député jusque-là, son successeur n'aura à siéger que quelques semaines avant la campagne présidentielle, relançant alors une tout autre course aux places.



