Sophia Chikirou tente une normalisation en fin de campagne à Paris
Chikirou tente une normalisation en fin de campagne

Une candidate en quête de normalisation dans les rues de Paris

Ce jeudi 12 mars, Sophia Chikirou a opéré une métamorphose notable en se présentant sous les traits d'une candidate « normale ». Accompagnée d'un journaliste du Parisien, elle a arpenté les quartiers populaires de la capitale, débutant son périple au Belvédère de Belleville dans le XXe arrondissement. Lors de cette déambulation, la candidate La France Insoumise à la mairie de Paris a abordé des thèmes classiques de la vie municipale : végétalisation, propreté, sécurité et urbanisme, en maintenant un discours particulièrement mesuré.

Cette apparente modération contraste fortement avec les semaines précédentes, marquées par une série de déclarations incendiaires. Elle semble ainsi appliquer la stratégie élaborée par Jean-Luc Mélenchon, poussée ces derniers temps à des paroxysmes insupportables, visant à fédérer en fin de campagne après avoir multiplié les dérapages contrôlés.

Une accumulation de propos polémiques

Dès sa déclaration de candidature en novembre 2025, la députée de Paris avait surpris en affirmant : « Il ne faut pas qu'un socialiste soit maire de Paris. » Cette déclaration n'était que le prélude à une escalade verbale.

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En février dernier, invitée à un événement rassemblant les prétendants au fauteuil de maire, elle a réagi vivement au sketch d'une humoriste évoquant sa relation avec Jean-Luc Mélenchon. « Je lui ai fait le sourire kabyle », a-t-elle lancé, faisant référence de manière plus que douteuse à une méthode d'égorgement employée pendant la guerre d'Algérie. Pour s'assurer que l'audience comprenait bien, elle a ajouté : « Qui sait ce qu'est un sourire kabyle ici ? » Un spectateur lui a répondu avec courage : « C'est pas bien. »

L'ignominie montée en puissance

Début mars, sur le « média alternatif » Zawa Talk, elle a franchi un nouveau cap. Quatre animateurs acquis à sa cause ricanait d'enchantement à chacune de ses saillies visant à débiner Raquel Garrido ou Clémentine Autain. Elle a notamment raillé Clémentine Autain sur ses « yeux bleus » et sa « douceur de blonde », la qualifiant de « princesse privilégiée », provoquant des rires gras parmi les participants.

Le moment le plus terrifiant concerne cependant le maire PS de Paris-centre, Ariel Weil. Elle a déclaré : « Emmanuel Grégoire, il est tenu, mais tenu prisonnier par Ariel Weil. Mais qu'il se débarrasse d'Ariel Weil ! Il faut qu'il s'en débarrasse ! » Cette sortie rappelle les variantes antisémites des prononciations déformées de noms à consonance juive pratiquées par Jean-Luc Mélenchon.

Ariel Weil a répondu avec ironie sur les réseaux sociaux : « Allez, je suis démasqué ! C'est moi qui tire les ficelles de la campagne d'Emmanuel Grégoire depuis le début. Avec tous mes amis de la finance internationale. »

Le meeting de la Mutualité et les attaques frontales

Lors du grand meeting du 9 mars à la Mutualité, en présence de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou a poursuivi ses attaques : « Il y aura les neuneus qui répèteront : “LFI, c'est l'extrême gauche, l'extrême gauche, c'est pire que l'extrême droite.” » Elle a persisté : « Nous sommes la vraie gauche, celle qui ne trahit pas pour des postes. »

Lors de cette même réunion publique, Jean-Luc Mélenchon s'en est pris aux socialistes, les qualifiant de « gros combinards qui ne seront pas cher à acheter ».

Les réactions et les enjeux du scrutin

Même Marine Tondelier souhaite que Sophia Chikirou ne dépasse pas la barre des 10 %, déclarant : « Je parie sur un vote utile dès le premier tour. » Il est vrai qu'entre Anne Hidalgo et Sophia Chikirou, la compétition aura été intense pour déterminer laquelle des deux a le plus contribué à dégrader l'ambiance au sein de la gauche parisienne.

Le verdict des urnes sera connu dimanche soir. En attendant, la candidate tente une ultime normalisation, mais le souvenir de ses dérapages successifs reste vif dans l'esprit des électeurs.

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