Bernard Cazeneuve cultive son surplomb mais reste disponible, pour qui l'aurait oublié. Non pas pour un tour de piste égotique, non, lui soigne son "moment gaullien", costume trois-pièces et pochette sont de rigueur. Voilà près d'un an que Cazeneuve a pris ses habitudes, matinal et méthodique. Tous les mercredis, à 8 heures pétantes, c'est petit-déjeuner à l'Assemblée. Rue de Bourgogne, l'ancien Premier ministre réunit ses soutiens et quelques curieux, pour un tour de table des "circos".
Un rassemblement des déçus
Ils sont parlementaires issus de la gauche sociale-démocrate - celle qui n'a pas supporté les compromissions du Parti socialiste avec le "diable" Mélenchon - ; ils sont députés du centre - celui qui abhorre la droitisation de la macronie - bref, un grand orphelinat d'élus en mal d'un présidentiable. Il en est convaincu, "le rassemblement des Français contre le RN se fera plus facilement derrière le centre gauche que derrière le centre droit", murmure-t-il. Et s'il y a pléthore de candidats putatifs sur ce créneau, c'est bien qu'il n'y a personne... 2027, pourquoi Cazeneuve se priverait-il ?
Un congrès extraordinaire au PS ?
Nostalgie d'ancien président, nostalgie d'ancien chef du gouvernement, l'époque serait aux hommes d'expérience. "Je ne vais pas faire une tournée pour expliquer que je suis indispensable. Mais s'il fallait à un moment prendre le risque, franchir le pas, je n'aurais aucun état d'âme à le faire car j'y suis prêt." Son mouvement, la Convention, s'est doté d'un programme et d'une équipe de porte-paroles. Ainsi, selon les informations de L'Express, après François Hollande, c'est au tour de Bernard Cazeneuve de créer une association de financement. Sait-on jamais.
Le moment fleure bon cette feue quatrième République à l'agonie, songe-t-il, l'ère des combines partisanes à tous les étages, du décrochage dans l'insouciance… De Gaulle et de gauche ? "J'ai passé 15 ans au Parlement, cinq ans au gouvernement. Près de vingt ans comme élu de la ville de Cherbourg. C'est dans cette expérience vécue que s'est forgée une certaine idée de la France. Je devrais être le seul à devoir me taire ? Au nom de quoi ?".



