Budget : la guerre stoppe la baisse du déficit et complique la tâche de Sébastien Lecornu
Budget : guerre stoppe baisse déficit, complique tâche Lecornu

Le déficit public français, qui devait baisser en 2026, est stoppé net par les dépenses militaires supplémentaires liées à la guerre en Ukraine. Cette situation complique la tâche du ministre des Comptes publics, Sébastien Lecornu, qui doit présenter un budget rectificatif dans les prochaines semaines.

Un déficit qui se creuse

Alors que le gouvernement tablait sur une réduction du déficit à 4,5% du PIB, les dernières estimations le situent désormais autour de 5,2%. La cause principale est l'explosion des dépenses de défense, avec une augmentation de 12 milliards d'euros par rapport aux prévisions initiales. Cette hausse est due à l'achat de matériel militaire, au soutien à l'Ukraine et au renforcement des effectifs.

Les conséquences pour le budget

Cette situation inattendue oblige Sébastien Lecornu à revoir ses priorités. Le ministre doit trouver des économies ailleurs pour compenser ces dépenses imprévues. Plusieurs ministères sont mis à contribution, notamment ceux de la Transition écologique et de l'Éducation nationale, qui voient leurs crédits gelés partiellement.

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Par ailleurs, la croissance économique, qui devait soutenir les recettes fiscales, est revue à la baisse. Le PIB ne devrait progresser que de 1,1% en 2026, contre 1,4% prévu initialement. Cette moindre croissance réduit les rentrées d'impôts et de cotisations sociales.

Une tâche ardue pour Lecornu

Sébastien Lecornu, qui a pris ses fonctions en janvier, doit jongler entre les exigences de la majorité présidentielle et les contraintes budgétaires. Il a annoncé vouloir présenter un budget "responsable et crédible" tout en maintenant le cap de la réduction de la dette. Cependant, les marges de manœuvre sont très limitées.

Le ministre des Comptes publics a indiqué que des mesures d'économies structurelles seront nécessaires, notamment une réforme des retraites et une révision des dépenses sociales. Mais ces sujets sont politiquement sensibles et pourraient provoquer des tensions au sein de la majorité.

Les réactions politiques

L'opposition a vivement critiqué le gouvernement. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a dénoncé une "gestion catastrophique" et réclamé un plan d'urgence pour les ménages. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a appelé à une augmentation des impôts sur les plus riches pour financer les dépenses militaires.

Au sein de la majorité, certains députés expriment des inquiétudes. Le président de la commission des Finances, Éric Woerth, a estimé que le gouvernement devait "faire des choix clairs" et ne pas se contenter d'ajustements à la marge.

Les perspectives pour 2027

À moyen terme, la situation budgétaire reste préoccupante. La dette publique devrait atteindre 112% du PIB en 2026, contre 110% en 2025. Le gouvernement espère un retour à une trajectoire plus vertueuse en 2027, mais cela dépendra de l'évolution du conflit en Ukraine et de la conjoncture économique.

Sébastien Lecornu devra présenter son budget rectificatif avant le 15 juillet. Ce texte sera examiné en urgence par le Parlement, avec un recours probable à l'article 49.3 pour faire adopter les mesures les plus controversées.

En attendant, le gouvernement tente de rassurer les marchés financiers. La France reste sous la surveillance de l'agence de notation Moody's, qui pourrait dégrader sa note si la trajectoire budgétaire n'est pas respectée. Une telle décision aurait des conséquences sur le coût de la dette et la capacité d'emprunt de l'État.

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