Yaël Braun-Pivet choquée par les messages racistes de Quentin Deranque révélés par Mediapart
Braun-Pivet choquée par les messages racistes de Deranque

Yaël Braun-Pivet profondément choquée par les révélations de Mediapart

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé un choc profond suite à la publication par Mediapart de messages racistes et antisémites attribués à Quentin Deranque, militant d'extrême droite décédé récemment dans des circonstances violentes. Selon l'entourage de la présidente, ces révélations ont provoqué une réaction immédiate de consternation au plus haut niveau de l'institution parlementaire.

Des messages haineux publiés sur plusieurs années

Le site d'investigation Mediapart a révélé que Quentin Deranque aurait publié de nombreux messages à caractère raciste, antisémite et faisant l'apologie du nazisme sur la plateforme X, et ce via au moins trois comptes anonymes au cours des deux dernières années. Parmi ces propos, figurent des attaques contre les populations arabes et noires de France, ainsi que des insultes graves envers l'ancienne ministre Simone Veil, qualifiée de « salope meurtrière » pour son rôle dans la légalisation de l'avortement.

Un message particulièrement frappant, datant de juillet 2024, déclarait : « Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc ». L'Agence France-Presse n'a pas pu vérifier de manière indépendante l'authenticité de ces propos attribués à Deranque, mais leur publication a suscité une onde de choc dans le monde politique.

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La minute de silence à l'Assemblée nationale réinterrogée

Ces révélations interviennent dans un contexte particulièrement sensible, puisque l'Assemblée nationale avait observé une minute de silence le 17 février dernier, cinq jours après l'agression mortelle de Quentin Deranque. Cette décision, prise à l'unanimité par la conférence des présidents de l'Assemblée, avait été proposée par le président du groupe UDR, Éric Ciotti, dans un contexte décrit comme étant « de grand émoi ».

L'entourage de Yaël Braun-Pivet a tenu à préciser que « rendre hommage à un jeune homme tué de manière violente ne veut pas dire que l'Assemblée approuve ses propos ». Cette distinction cherche à répondre aux critiques émergentes concernant l'hommage rendu à un individu dont les positions idéologiques extrêmes sont désormais publiquement documentées.

Réactions politiques et judiciaires

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a réagi vivement en déclarant : « En démocratie, le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque, mais que la droite et l'extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néo-nazi, raciste et antisémite au dernier degré, est une honte ». Il a ajouté fermement : « Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros ».

Sur le plan judiciaire, neuf personnes ont été mises en examen et écrouées dans le cadre de l'enquête sur la mort de Deranque. Selon une source proche du dossier, ces individus seraient « connus pour être soit membres, soit proches » de la Jeune Garde Antifasciste, un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 et dissous en juin dernier.

La défense de la famille et le parcours militant

L'avocat de la famille de Quentin Deranque, Fabien Rajon, a reconnu que « ces tweets, s'ils sont bien avérés, sont évidemment condamnables », tout en insistant sur le fait qu'ils ne pouvaient justifier le lynchage mortel de son client. Il a déploré que « rien n'est décidément épargné à sa famille qui n'a toujours pas pu entamer son deuil, compte tenu de l'acharnement dont elle est victime ».

Le parcours militant de Deranque révèle une implication dans plusieurs mouvements d'extrême droite : il a fréquenté la section locale de l'Action française, puis cofondé le groupe nationaliste-révolutionnaire Allobroges Bourgoin. À Lyon, il s'était rapproché du groupe Audace, participant à des entraînements sportifs comme la boxe ou le footing, selon un porte-parole anonyme de ce groupuscule d'ultradroite.

Cette affaire complexe continue de susciter des débats intenses sur les limites du militantisme politique, la mémoire des victimes de violence et la responsabilité des institutions démocratiques face aux idéologies extrémistes.

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