Michel Barnier se positionne pour 2027 tout en refusant la personnalisation précoce
À un an de l'élection présidentielle de 2027, les figures politiques commencent à émerger du bois pour se positionner en vue de la course à l'Élysée. Parmi elles, Michel Barnier, l'ancien Premier ministre éphémère de 2022, a réaffirmé dimanche ses ambitions tout en appelant à ne pas personnaliser trop tôt la campagne.
« Capable d'être président de la République »
Sur le plateau de Dimanche en politique sur France 3, l'ancien négociateur du Brexit a répondu sans ambages à la question de sa capacité à exercer la fonction suprême. « Si votre question consiste à dire ''Michel Barnier, est-ce que vous êtes capable d'être président de la République ?'', la réponse est oui. J'ai été Premier ministre, j'ai été bien dans ma peau, je n'ai pas tremblé. Je peux exercer d'autres fonctions », a-t-il déclaré avec assurance.
L'homme politique, qui fut renversé par une motion de censure en 2022, travaille actuellement à « un bon projet » pour l'avenir. Cependant, une question cruciale demeure en suspens selon lui : « est-ce qu'on peut rassembler au-delà de son camp pour gagner ? Je n'ai pas la réponse à ça pour 2027 ».
Refus de candidature prématurée
Malgré ses déclarations de capacité, Michel Barnier a tenu à préciser qu'il n'était pas candidat à ce stade. Il explique cette position par sa volonté de ne pas « personnaliser aujourd'hui » la campagne, préférant donner « la priorité au débat d'idées sur l'actualité ».
Cette approche s'inscrit dans la continuité du lancement de sa plateforme programmatique « Bâtir ensemble » la semaine dernière. En attendant, le politicien a participé au vote interne des Républicains pour déterminer les modalités de désignation de leur candidat à la présidentielle, plaidant pour « une élection la plus ouverte possible ».
Le dilemme des Républicains face à Bruno Retailleau
Les quelque 76.000 adhérents de LR sont actuellement appelés à choisir entre trois options pour désigner leur candidat :
- Une primaire fermée en juin réservée aux seuls adhérents
- Une primaire semi-ouverte à la même date incluant les sympathisants
- La désignation immédiate de Bruno Retailleau, président du parti, comme candidat
Michel Barnier a cependant affirmé se sentir « à la fois loyal et libre » vis-à-vis du résultat de ce scrutin, dont l'issue était attendue dimanche soir.
L'appel à l'union face à la fragmentation politique
L'ancien ministre a développé une analyse lucide de la situation politique française, soulignant que ni Les Républicains ni « le bloc centriste » ne peuvent « gagner tout seul » en 2027 car ils sont « trop faibles » individuellement face au foisonnement des ambitions dans le bloc central et à droite.
« Donc ensemble on peut gagner et divisés, on perd. C'est aussi simple que ça », a-t-il résumé, appelant implicitement à une union des forces de droite et du centre pour faire face à la prochaine échéance présidentielle.
Cette prise de position intervient alors que la famille politique des Républicains cherche à se réorganiser après plusieurs défaites électorales successives et tente de définir une stratégie crédible pour reconquérir l'Élysée en 2027.



