Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, galvanise la gauche radicale lors d'un rassemblement politique
Bally Bagayoko galvanise la gauche radicale à Saint-Denis

Un rassemblement politique enflammé à Saint-Denis

Ce samedi 4 avril, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ceint de son écharpe tricolore, a harangué la foule massée entre l'hôtel de ville et la nécropole royale. « Merci à chacun et chacune d'entre vous. Vous êtes la fierté de la France, la fierté des luttes antifascistes et anti-impérialistes ! », a-t-il déclaré depuis la scène. Victime d'attaques racistes, Bally Bagayoko a transformé ce rassemblement en un événement hautement politique, attirant des figures de La France insoumise (LFI) comme Jean-Luc Mélenchon, Éric Coquerel et Nadège Abomangoli, ainsi que des élus communistes, socialistes et écologistes.

Une gauche divisée et des attaques véhémentes

Sur place, le drapeau du Parti socialiste (PS) était absent, remplacé par ceux de LFI et de Révolution Permanente, une organisation d'extrême gauche. « Je suis révoltée par le racisme qui s'exprime sans gêne sur CNews à l'encontre de Bagayoko ! », explique Malika, une AESH d'une cinquantaine d'années, tout en exprimant son malaise face à la domination de l'extrême gauche dans la ville.

Aly Diouara, maire LFI de La Courneuve, a lancé une attaque frontale contre le PS : « Rappelons-nous du PS et de SOS Racisme. C'est leur inconséquence politique qui fait que nous sommes là ». Il a poursuivi en huant le PS et en appelant à un « bouclier de l'insoumission » pour 2027, marginalisant ainsi la gauche sociale-démocrate représentée par Malika.

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Ambitions nationales et positionnements politiques

Bally Bagayoko, élu dès le premier tour face à l'ancien maire socialiste Mathieu Hanotin, est devenu un visage emblématique de LFI. « C'est quelqu'un de charismatique et de fédérateur », loue Armelle, professeure présente au rassemblement, qui anticipe une ascension nationale pour le maire. Lors de ses interventions médiatiques, Bagayoko refuse le terme « racisé » et assure que la police municipale conservera des armes à feu, malgré la polémique sur son projet de désarmement.

Il se distancie également de Révolution Permanente, affirmant assumer ses responsabilités institutionnelles. « Moi, je n'ai pas besoin de ventriloque pour m'expliquer les luttes qui sont sur Saint-Denis », déclare-t-il, revendiquant une approche réformiste. Cependant, ses critiques envers le PS, qu'il qualifie de « parti de droite », et ses appels à débusquer les « traîtres » révèlent une radicalité persistante.

Controverses et tensions locales

La campagne électorale a été marquée par des tensions, avec des membres de l'équipe de Mathieu Hanotin insultés et menacés. Des inquiétudes persistent quant à de potentiels liens entre Bally Bagayoko et des délinquants, illustrées par l'interpellation d'un narcotrafiquant à la sortie d'un de ses meetings. « Plusieurs délinquants nous ont dit “quand il y aura Bally, je pourrai faire ce que je veux” », rapporte une élue socialiste.

Oriane Filhol, élue PS, a démissionné après avoir été agressée en décembre 2023. Elle affirme avoir vu Bally Bagayoko serrer chaleureusement la main du commanditaire de son agression, Mouloud Bezzouh, condamné à quatre ans de prison. Bagayoko rejette ces accusations, se concentrant sur son ambition nationale.

Une vision pour 2027 et au-delà

Bally Bagayoko envisage déjà l'élection présidentielle de 2027, affirmant : « Ma responsabilité, c'est désormais de faire en sorte que la question de la lutte contre le racisme et toutes les formes de discriminations soit au cœur de la campagne ». Il rêve même d'une « tournée européenne ou internationale » sur ce sujet. Cependant, son association avec des figures controversées comme Houria Bouteldja, auteure d'essais polémiques, interroge sur la cohérence de son message.

Ce rassemblement a ainsi mis en lumière les fractures au sein de la gauche, les ambitions grandissantes de Bally Bagayoko, et les défis qui attendent Saint-Denis sous sa gouvernance. La route vers 2027 s'annonce tumultueuse, entre espoirs d'émancipation et risques de radicalisation.

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