Comme d'autres lecteurs de cette rubrique, je souhaite évoquer le vote blanc. Il n'y a pas si longtemps, dans les bureaux de vote, sur les tables où trônaient tous les bulletins des candidats, se trouvait en bout de file un petit paquet de bulletins vierges qui nous permettait de voter blanc de façon officielle. Aujourd'hui, il faut insérer dans l'urne une petite enveloppe vide. Le soir des résultats, les votes blancs étaient alors clairement signalés et respectés. À présent, le soir à la télévision, les votants et les abstentionnistes sont mentionnés, mais on n'annonce plus les votes blancs, comme s'ils n'existaient plus.
Un geste citoyen oublié
Des gens prennent la peine de se déplacer et d'exprimer leur opinion : celle de ne pas choisir entre les candidats proposés. Le vote blanc n'est pas un vote nul, il mérite d'être cité autant que les autres catégories et reconnu ainsi comme un véritable acte citoyen, digne d'être considéré comme une opinion exprimée. Il y a une grosse différence entre ne pas prendre la peine de se déplacer pour aller voter, c'est-à-dire s'abstenir, et se donner les moyens d'aller exprimer son choix, même s'il ne se porte sur aucun des candidats.
Pourquoi le vote blanc est-il ignoré ?
Cette invisibilisation du vote blanc interroge. Est-ce une volonté politique de ne pas reconnaître ce choix ? Ou bien une simple négligence médiatique ? Toujours est-il que les électeurs qui font ce geste se sentent exclus du débat démocratique. Pourtant, le vote blanc est un indicateur important du mécontentement ou de la défiance envers l'offre politique. Le compter et le communiquer permettrait de mieux comprendre les attentes des citoyens.
- Le vote blanc était officiel avec des bulletins vierges dans les bureaux de vote.
- Désormais, il est souvent confondu avec le vote nul ou l'abstention.
- Les médias ne le mentionnent plus dans les résultats.
Il est temps de redonner sa place au vote blanc dans notre démocratie. Chaque voix compte, même celle qui choisit de ne pas choisir.



