Le 29 mai 2025, lors d'un meeting électoral à Rivesaltes, le Rassemblement National (RN) a suscité une vive polémique en tentant de réécrire l'histoire du camp d'internement de la ville. Ce camp, qui a accueilli des républicains espagnols, des juifs et des harkis pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre d'Algérie, est un lieu de mémoire sensible. Le RN a cherché à établir une concurrence des mémoires, opposant les souffrances des harkis à celles des autres groupes, une manœuvre qualifiée de révisionnisme par les historiens.
Une instrumentalisation politique
Dans son discours, le candidat du RN a affirmé que les harkis avaient été oubliés par la République, tandis que d'autres mémoires étaient célébrées. Cette approche a été vivement critiquée par les associations mémorielles et les historiens. Selon eux, le RN cherche à diviser pour mieux régner, en créant une hiérarchie des victimes. Le camp de Rivesaltes est pourtant un lieu de mémoire commun, où se croisent les destins tragiques de plusieurs communautés.
La réaction des historiens
Plusieurs historiens ont dénoncé une instrumentalisation politique de l'histoire. Pour eux, le RN tente de s'approprier la mémoire des harkis à des fins électorales, tout en niant la spécificité de la Shoah et des autres persécutions. Le camp de Rivesaltes, ouvert en 1938, a successivement interné des réfugiés espagnols, des juifs, des Tziganes, puis des harkis après la guerre d'Algérie. Chaque groupe a subi des souffrances distinctes, mais toutes méritent d'être reconnues sans concurrence.
La mémoire des harkis
Les harkis, supplétifs de l'armée française pendant la guerre d'Algérie, ont été abandonnés par la France après les accords d'Évian. Beaucoup ont été internés dans des camps, dont celui de Rivesaltes. Leur histoire est longtemps restée dans l'ombre, et les associations se battent pour sa reconnaissance. Le RN tente de capitaliser sur cette demande de reconnaissance, mais en l'opposant aux autres mémoires, il risque de créer des tensions.
Un devoir de vérité
Les historiens rappellent que la mémoire ne doit pas être un outil politique. Le devoir de vérité historique impose de reconnaître toutes les victimes sans hiérarchie. Le camp de Rivesaltes est un lieu de mémoire partagée, et toute tentative de division est contraire à l'esprit de réconciliation. Le RN, en jouant la concurrence des mémoires, s'éloigne de la vérité historique et alimente les clivages.
En conclusion, le meeting du RN à Rivesaltes a révélé une volonté de détourner l'histoire à des fins électorales. Cette instrumentalisation est dangereuse pour la cohésion nationale et la transmission de la mémoire. Il est essentiel de rappeler que la vérité historique ne se négocie pas et que toutes les victimes méritent le même respect.



